Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 19:43
Xynthia 0989Xynthia 0997Xynthia 1000Xynthia 1003Xynthia 1017Xynthia 1023Xynthia 1025Xynthia 1028Xynthia 1030Xynthia 1031
Photographies prises le 6 mars 2010 dans les quartiers de la Faute-sur-Mer qui furent submergés par la tempête Xynthia.
Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /2010 21:38
Xynthia anguillon 1Xynthia anguillon 2
Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 22:19

aiguillon sur mer
Le drame s'est passé à moins de quarante kilomètres d'ici. Pour nous, le vent a beaucoup soufflé mais sans gravité. Alors toutes nos pensées allaient aujourd'hui vers la baie de l'Aiguillon que nous fréquentons tous ardemment dès les premiers beaux jours. Nous sommes de tout cœur avec nos voisins. Les sentiments qui revenaient sans cesse étaient l'affliction et la fatalité. Au-delà du deuil, tous se sont souvenus avoir vu le littoral vendéen s'urbaniser ces dernières décennies et les digues se compléter au fur et à mesure. C'est vain, mais tous craignait un jour y voir une catastrophe advenir.

L'Aiguillon et la Faute-sur-Mer se situent dans l'ancien golfe des Pictons, à l'embouchure du lay dans une région qui fut longtemps un immense marais. Xynthia est pour donc pour certains une vengeance de la nature. L'histoire et la topographie rappellent s'il en était besoin que la zone est vulnérable. Son urbanisation a été rendu possible par d'importants travaux de génie civil dont un effort d'endiguement au dix-neuvième siècle. Aujourd'hui les flots qui ont pénétrés dans les terres auront bien du mal à s'évacuer. Alors comment expliquer l'inondation et l'exposition inconsidérée des populations malgré les plans de prévention mis en place?

Le danger de construire sous le niveau de la mer et trop proche des digues est bien entendu du à la pression foncière mais surtout à la spéculation immobilière. Lorsque la catastrophe survient il est facile de fustiger les plans d'urbanisme mais que penser alors des pressions phénoménales et quotidiennes pour autoriser à construire là où c'est interdit. Beaucoup ici ont profité de la manne immobilière en achetant une petite maison à deux pas des flots. Nous ne sommes pas meilleurs. Nous sommes de tout cœur avec nos voisins.

Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /2010 08:08

L'actualité est cruelle. Tremblement de terre à Haïti, inondations à Madère, et hier alerte au tsunami pour les iles et côtes chiliennes. 

Face au défi des catastrophes naturelles et technologiques présentes et à venir, liées entre autre au réchauffement climatique, les instances internationales se doivent d’apporter des solutions adaptées d’interventions à la fois rapide et durable.
 Nous sommes convaincus que les aides d’urgence doivent être la première action d’un programme post-catastrophe et que son élaboration doit prendre en compte la gestion de la catastrophe dans sa totalité afin que les choix ne se limitent pas à la précipitation ou à l’étalement de l’aide sur plusieurs années, et ce, faute d’anticipation dans l’élaboration des moyens à mettre en œuvre. Pour expliquer et étayer cette approche, il suffit de rappeler que deux ans après le tsunami en Asie, certaines organisations ayant collecté des fonds n’en ont engagé qu’à hauteur de 40%.

 

Les catastrophes entraînent ont souvent des conséquences dramatiques - déplacement de population, famine, épidémies, raréfaction de l’eau potable – qu’il nous importe d’appréhender pragmatiquement en proposant des solutions faciles à mettre en œuvre sous n’importe quelle condition et respectueuse des personnes amenées à en bénéficier. De plus, très souvent les structures provisoires tendent à perdurer et nous pensons qu’il faut introduire dans la réflexion plusieurs temporalités : il y a d’une part la rapidité de la réaction et d’autre part la durablilité de la reconstruction. La question que nous préférons posée ici serait paradoxalement celle-ci : quel type d’intervention d’urgence pour une ville durable ? Nous entendons par là que nous espérons apporter des solutions constructives mais aussi une sorte de grammaire urbaine qui permettrait de mettre tout de suite en place l’embryon des services urbains de production et de desserte (production d’eau potable, dispensaire, lieux de rassemblement…)

 

D’où PARLONS-NOUS ?

Voici plus d’un demi siècle, la France s’est reconstruite après les bombardements qui l’on durement frappé à la fin de la seconde guerre mondiale. Les villes portuaires du Havre, de Saint-Nazaire ou de Royan en témoignent parmi d’autres. Nous sommes les petits enfants des urbanistes, des architectes et des entrepreneurs qui ont reconstruits ces villes. Nous pouvons témoigner qu’une force inouïe suit un désastre et que ces efforts ont été portés par un espoir de progrès : permettre l’avènement d’un urbanisme moderne où les conditions de vie des habitants seraient meilleures qu’avant. La reconstruction a été l’occasion de reprendre les réseaux urbains, d’ouvrir des avenues et de donner de la lumière et le confort moderne à tous les logements. Presque soixante ans plus tard, ces formes urbaines démontrent leur qualité et le centre ville du Havre vient d’être classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.


De ce retour sur notre propre histoire, nous tirons quatre enseignements majeurs. Le premier est un rappel : au-delà de l’abomination du désastre, la reconstruction peut être une chance pour améliorer les conditions de vie des gens. Le second tient dans la durée que cela implique. L’appel de l’hiver 1954 nous rappelle qu’on ne reconstruit pas rapidement et que la transition entre les baraquements d’urgence et une forme durable d’habitation peut être critique. Le troisième est d’ordre social. La reconstruction fut un élan moderniste incontestable vers l’habitat collectif et des formes épurées. Mais les trente glorieuses qui suivirent ont vu se développer une marée pavillonnaire se rapprochant d’un modèle social antérieur : au dogme moderne du toit terrasse, les gens ont préféré le toit à deux pentes par exemple. Les aspirations individuelles rattrapent toujours la société. Le quatrième enseignement est certainement le plus riche : la reconstruction fut la conjonction d’un travail d’urbanisme et de l’utilisation d’un matériau nouveau qu’était le béton armé.

  

Que veut dire pour nous l’intervention d’urgence ?


Il s’agit de répondre efficacement à une situation de grande précarité en permettant l’accès aux services de base :

u Se protéger des intempéries – abriter les personnes et éventuellement leur biens.

v Se nourrir – garantir l’accès à l’eau potable et à l’alimentation.

w Se regrouper – reconstituer les noyaux familiaux et les communautés.

x Se soigner – garantir l’hygiène minimum, endiguer les épidémies et donner l’accès aux soins médicaux.

y Vivre en société – permettre l’accès aux services administratifs de base et l’exercice éventuel d’un culte religieux.

Pour nous dont le métier est l’aménagement physique de l’espace, cela ce traduit en actions concrètes :

u Se protéger des intempéries – proposer des constructions rapides à mettre en œuvre et durables car les solutions de transition sont amenées à durer.

v Se nourrir – proposer une source d’eau potable (apport, forage, adduction, traitement) et en fonction des situations aménager les voies de communications nécessaires à l’acheminement d’une aide extérieure.

w Se regrouper – proposer des espaces de vie dimensionnés pour le regroupement des personnes.

x Se soigner – proposer des lieux de vie sains, garantir un assainissement provisoire (individuel ou collectif) et proposer des espaces spécifiques de soins.

y Vivre en société – proposer des espaces de vie spécifiques au rassemblement et à l’organisation de la société.

Fidèles aux enseignements de la reconstruction en France, nous ajoutons à cela deux autres propositions :

z Prévoir l’avenir – jeter les bases d’une meilleure qualité de vie en prévoyant l’évolution des villes qui renaitront à partir de l’intervention d’urgence en gardant à l’esprit que les installations provisoires peuvent longtemps.

{ Respecter les cultures – ne pas imposer de formes sociales, architecturales ou urbaines à des cultures qui possèdent leur propres références et qui ont besoin de se reconstruire après la catastrophe.

 

Que pouvons-nous concrètement apporter ?


L’action humanitaire n’est pas notre domaine d’intervention et nous respectons la grande expérience des associations internationales et des armées européennes dans ce domaine. Nous avons en revanche une posture claire d’aménageur de l’espace et d’entrepreneur. Nous pensons que beaucoup de situations sociales, même en cas de crise majeures, ont des implications spatiales que nous pouvons assister. Notre expérience professionnelle va de l’aménagement de l’espace urbain à des constructions éphémères. Nous désirons nous appuyer sur les connaissances françaises en matière d’intervention d’urgence et sur les savoirs faires locaux. Nous proposons de fournir les services suivants :

| Proposer un type de construction d’urgence – approvisionnement et mode constructif

} S’adapter aux spécificités locales – modulations de l’espace et éventuellement matériaux locaux

~ Proposer une réflexion sur l’implantation sur place de ces constructions d’urgence – peut-on jeter ainsi les bases durables des villes et villages à reconstruire ?

 

 

Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /2010 23:44

On s'est réveillé ce weekend (20.02.2010) en apprenant à la radio que des pluies torrentielles avaient provoqué des inondations et des glissements de terrain sur l'île portugaise de Madère en faisant au moins 42 morts et plusieurs centaines de blessés. La capitale de l'île, Funchal, a été plonge dans le chaos au dire des journalistes. Il est ironique de penser que dans ce genre de situation, le chaos est le mot dévolu pour indiquer la panique ou la désorganisation.

madere-1Cette petite ile de 57 x 22 km, a subit pendant trente ans la politique du béton qui fait dire à certain que la catastrophe est due à une mauvaise planification urbaine. Les fonds structurels européens au titre de l'aide aux régions les plus pauvres ont permis la construction de voies rapides qui ceinturent l'île et de nombreux bâtiments publics. Funchal a subit une urbanisation désordonnée malgré sa localisation a flanc de colline et l'imperméabilisation massive a transforme les cours d'eau en "canons a eau" emportant ce vingt février ponts et constructions sur leur passage.

L'horreur climatique remet un pied sur le continent européen et nous nous indignons bourgeoisement au petit déjeuner que les règles de sécurité n'aient pas été respectées. Les principales constructions incriminées sont bien entendu celle que la pauvreté confrontée à la pression foncière a jeté là. Nous sommes prompts à émettre des jugements et à donner des subventions, donc des leçons mais avant de condamner l'urbanisation chaotique et l'infamie du ciel, nous devrions réfléchir sur trois questions.

 Devant un the fumant, je me pose la première qui est celle de l'établissement de personnes en zone inondable ou sujette à des glissements de terrain. Dans la succession des actions on oublie bien vite la planification urbaine, fusse-t-elle vertueuse, au profit de la vie quotidienne et des petits arragements particuliers qui font qu'un règlement se fane bien vite. Le droit doit rester vivant et s'adapter aux situations. Au lieu de pondre un plan, il conviendrait bien mieux d'organiser le suivi dans le temps des contraintes naturelles puisqu'un règlement n'a jamais arrête un glissement de terrain. Prévoir en revanche la vulnérabilité et restituer au milieu ce qu'on lui prend de l'autre semblent plus opératoires. Comme certains interviewés l'ont expliqué, l'urbanisation proche des cours d'eau a été rendu possible par le laxisme des autorités locales qui ont préféré acheter la paix sociale. La question est donc de savoir comment le droit peut devenir une règle de bon sens. Il faut en finir avec l'empilement réglementaire pour se concentrer sur l'essentiel: la sécurité des biens et des personnes.

madere 2
Sous la douche je repense à l'injustice commune qui consiste à pousser les populations fragiles a occuper des zones a risques. En d'autre terme, la répartition socio-spatiale des classes sociales ne laisse rien au hasard et, sous toutes les latitudes, les riches vivent dans des endroits protégés et les pauvres dans des endroits exposés. Dans le cas de l'île de Madère, la densité de population pousse les plus pauvres à prendre des risques. D'autant que ces risques sont souvent minorés par les premiers intéressés quant bien même ils y auraient déjà été exposes. Ce phénomène est exacerbé par la métropolisation qui pousse des migrants intérieurs à s'entasser où ils peuvent en périphérie des villes. La deuxième question, sans réponse possible, serait de savoir si cette injustice perdurera encore longtemps ou si nous emploierons tous les moyens nécessaires pour y remédier en Europe.

 Je sors sous une pluie fine qui me rappelle que je vis dans une ville qui a été longtemps sujette aux inondations. On a busé les fosses, redressé le cours de la rivière et érigé d'imposantes digues avant de construire un barrage en amont il y a quelques décennies. Par ailleurs nous venons de fêter le centenaire de la grande inondation de Paris. Tout cela nous remémore que l'eau peut être meurtrière et que nous avons passe des siècles à nous en défendre. Oui donc à une écologie de la mémoire et contre l'oubli: malgré les catastrophes passées et présentes nous ne sommes toujours pas capable de rappeler la domination de la nature sur les établissements humains. Ce n’est donc pas la nature qu’il faut incriminer mais notre incapacité à résoudre les questions sociales. Comment donner aujourd'hui des leçons sera donc ma troisième question.

Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /2010 09:06

‘Make every door a greeting and every window a face. Do this now, because the proper kingdom of the spirit is the kingdom of the in-between, wealth of architecture. Make every window and every door a spot, a cluster of spots of every house and every city, and as well as this, make every house a little city and every city a big house. Build the counterform of the spirit for each and everyone, because they no longer do it themselves.’

Aldo van Eyck in FORUM 1959 n°8

Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 22:38

Il est des vues qui s'imposent. Regardant la ville établie sur le côteau d'en face, on ne peut que s'émerveiller par la succession des strates qui s'étendent du pied du bâtiment, en passant par le vallon, jusqu'à l'horizon fait de petites maisons. L'idée qui a concourrue a l'édification d'un hôpital de grande hauteur sur ce qui devait être une crête verdoillante est due a un fonctionnalisme victorieux qui ne se souciait pas le moins du monde d'insertion paysagère.
Les temps ont changes, le bâtiment en béton lave est toujours là et nous offre malgré tout une immemorable vision, d'autant plus qu'à ses pieds s'étend le vaste chantier d'une extension. A bien y regarde, et dans une chambre d'hôpital l'oisivete nonchalante prète a ces errements contemplatifs, la vue décrit un pan de l'histoire contemporaine. Alors que l'urbanisation s'était sagement circonscrite sur le plateau et que sa lisière se faisait prolétaire, le vallon avait longtemps du être une étendue vierge et protègée par le risque effroyable de l'inondation. L'ébulition des trente glorieuses aura eu raison de ce monument de la nature. Des bâtiments administratifs, tout aussi vilains que leur grand frère, sont implantés a la manière d'une poignée de riz qu'on aurait jetée du haut d'un avion. Il résulte de la composition libre une atmosphère de franche pagaille qui renoue peut être avec l'esprit du lieu.
Le chantier entre dans l'emerveillement de la vue. D'une certaine manière il est une merveille a lui tout seul. Avec massivité, il surgit de terre. De lourdes structure de béton armé s'élèvent gauchement tandis que des parties d'ouvrage presque achevées voient s'activer des techniciens. La lourdeur de la composition architecturale laisse à penser que le nouvel ensemble sera d'une franche laideur mais pour l'instant c'est une réelle grâce qui émane de cette chrysalide. De l'agitation des ouvriers en premier plan jusqu'à la clemence des pavillons vingtième à l'horizon, ce paysage biscornu s'avance sans complaisance dans l'ecoulement du temps. Produits d'un siècle révolu, ces différent bâtiments s'accordent soudain avec la beaute du chantier. Par un effet de contraste saisissant, ils s'extirpent de leur gangue moderniste, semble même nous narquer en nous lançant a la figure un art du collage assumé.
Définitivement sous le charme, le regard parcourant de bas en haut l'étendue, nous sombrons dans le songe de ce nouveau siècle.


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