u/ Globalisation

Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /Juil /2010 10:58

Un des piliers du développement durable est la gouvernance. Cela nous oblige à repenser l’organisation du projet en interrogeant les relations entre élus, techniciens et autres spécialités. Des compétences multiples offrent aux projets une épaisseur de pensée qu’il s’agit d’organiser dans une institution de pilotage et des groupes de travail.

 

La participation de la population est reconnue mais il reste encore beaucoup à faire pour que les projets se fondent sur le substrat social coexistant au site. Trop souvent, les programmes sont plaqués et on s’étonne des difficultés à y faire naître une vie sociale.

 

Il faut cesser la disjonction entre investissement et fonctionnement : un nouveau morceau de ville est censé fonctionné tout seul ? Non, seule une gestion urbaine de proximité permet de tenir en haleine le temps long. On se met effectivement à rêver de stratégies urbaines qui engloberaient la conception du projet, sa concertation et sa gestion dans un seul et même élan.

 

en réponse à http://www.lemoniteur.fr/133-amenagement/article/point-de-vue/710908-du-projet-urbain-a-la-strategie-urbaine

Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 09:32

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Participation de d.u.M.s au bal des traders le le 17 juin 2010 de 18h00 à 20h00 sur Second Life.

 

The Traders’ Ball by Fred Forest, a ferdinand(corte)™ production

June 11 - July 2

The Lab Gallery

The Roger Smith Hotel

501 Lexington Avenue

New York, NY. 10017

 

http://www.thetradersball.com

 

"With his trademark over the top irony, Fred Forest rubs salt in the wounds of the free market banking industry, mocking their response to the financial crisis that has shaken the world. This project includes an installation with mannequins, dressed as traders, dancing the night away in The Lab Gallery and parallel scenes of jovial ignorance taking place via Second Life, in The Experimental Center of the Territory, presented in the gallery on large screens. The action is set to music by New York rapper Jamalski, featuring Devon Clarke, who created a syncopated beat based on fluctuations of the financial markets".

 

 

Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 19:43

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Photographies prises le 6 mars 2010 dans les quartiers de la Faute-sur-Mer qui furent submergés par la tempête Xynthia

Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 21:24

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Nous avons travaillé sur « l’inclusion du lieu dans l’espace des flux », pour reprendre une expression chère à M. CASTELLS. Notre volonté était de comprendre ce qui avait évolué dans la géographie contemporaine avec l’apparition des réseaux de télécommunication. Ce sujet c’est peu à peu estompé pour laissé place à une observation micro-géographique des lieux : nous avions la certitude que la nature même de l’espace, en temps que représentation, avait évoluée.

 

Je me souviens d’un excellent ouvrage intitulé « la mesure du monde » par le médiéviste Paul ZUMTHOR. Il expliquait d’une certaine manière que la perception de l’espace médiéval était morcelée et surtout qu’il préexistait à cette époque une part d’invisible nécessitant une double vision du monde. D’une certaine manière, j’ai l’impression que nous en sommes un peu là, la mondialisation en plus. Poursuivant sur cette idée, j’ai l’impression que notre espace est maintenant peuplé d’une virtualité invisible que charrient les terminaux électroniques. De là nait une ubiquité qui a à voir avec la fusion des échelles. Il se peut même que cette fusion se ressente consciemment dans notre vie quotidienne et que notre appétence pour les transports et autres déplacements ne soit que l’image de « l’être du trajet » qui nous habite.

 

Il faut aussi dire que nous avons particulièrement bien assimilés les règles et conséquences du marketing. A moins que le marketing soit le produit même de notre société. La technique qui consiste à accompagner un objet d’une représentation symbolique, d’une image, se différencie-t-elle de l’art de l’incarnation iconique ou des rites symboliques que l’on dit primitifs. Mais revenons au marketing, à cette manière de vendre une atmosphère plus qu’une chose laisse clairement voir notre inclinaison contemporaine pour la virtualité, pour la chose en devenir au-delà de la vision première.

 

Et les lieux dans tout ça? Nous éprouvons l’espace par la représentation que nous en avons. Tout commence et tout fini par le théâtre. Nous travestissons la matérialité au profit de nos songes.

Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 09:23
Ni bruit, ni mouvement. Sous la vaste coque métallique, les machines gisent en lignes de production. Etapes successives dans la fabrication de roulements à billes, elles sont à l’arrêt définitif et tenues en état par quelques employés fantomatiques. La defaisance, terme utilisé ici pour le démantèlement, prendra plus de six mois et chaque outil sera démonté pour rejoindre une usine identique en Bulgarie. Pour le moment, ça sent l’huile et l’absence. Une impression de cataclysme vous saisit ; comme si tous les hommes avaient du fuir subitement. Pourtant ce sarcophage contemporain a fait, pendant ses quatre décennies de production, la fierté de la ville ainsi que sa prospérité.
 

Une lutte a eu lieu ici. En témoignaient jusqu’à hier les tenues de travail des 380 licenciés accrochés sur les grilles d’enceinte de l’usine. Les drapeaux des syndicats flottent encore aux mats d’honneurs à la place de ceux de l’industriel suédois SKF tandis que les derniers comités d’entreprise se déroulent dans un coin de l’usine. Il n’est rien d’étonnant à ce que le climat de désolation qui règne ici se soit propagé sur la place du marché et dans les rues de la ville. Dans les lotissements proches de l’usine, on s’attend dans les prochains mois à des départs massifs.

Même si le phénomène de désindustrialisation n’a rien de nouveau, nous avons expérimenté à Fontenay le Comte la globalisation. La crise mondiale a eu immédiatement des répercutions locales palpables du fait de l’accélération des décisions d’une entreprise internationale en vue de sa réorganisation stratégique à l’échelle d’un continent. Cela laisse une impression de simultanéité frappante. Désormais, à l’annonce un matin de l’effondrement d’une bourse à l’autre bout du monde, vous pourrez craindre que votre voisin perde son travail avant le soir.

 

 

Jeudi 8 mai 2008 4 08 /05 /Mai /2008 16:10

« scope » a commencé par une conversation avec Gabriele Basilico sur l’intangibilité de la ville. Pour notre première et unique rencontre dans les rues de Cherbourg, ce grand bonhomme fit naître une question : Voit-on l’espace des villes changer ? Pour esquisser une réponse ; voici cinq lieux qui présentent certaines réalités de l’espace urbain contemporain. Ils illustrent le principe du « scope », développé par le géographe américain David Harvey, où l’espace est à la fois un champ de possibilités, une étendue, un cadre et un domaine ouvert.

Front de Seine . Ce quartier fut un grand rêve de l’urbanisme sur dalle à Paris. Après quarante années passées au bord de la Seine, mais détaché du sol, il a beaucoup vieilli. Où en est le vieux rêve moderne de l’indicibilité de l’espace, d’un spirituel païen ? Les lignes des bâtiments sont toujours pures, leur composition au sol rationnelle jusqu’à l’abstraction. Des jeux de reflets virevoltent encore dans l’espace, mais la matière s’est un peu partout fissurée. Pourquoi ses habitants en sont-ils si absents? Ils vivent dans la rue, quelques mètres plus bas, montent par des ascenseurs en haut des tours, mais jamais ne posent le pied sur cette dalle trop étendue. Dans un de ses méandres, un hôtel international joue la lanterne magique et forme soudain une place. Son intériorité devient troublante car l’enjeu de la présence des corps y presse le regard.

Euralille . La fabrique de la ville passe parfois par des poussées de fièvre. Ce quartier fut imaginé comme la vitrine moderne de la ville de Lille. Prônant la contraction de l’espace, ses promoteurs voyaient dans l’arrivée du train à grande vitesse la possibilité pour Lille de devenir l’épicentre de l’Europe. Le fracas du chevauchement des réseaux de communication devait produire le plan directeur du quartier. Pourtant, il est difficile de croire en l’existence de ce lieu quelques années plus tard. Mais en entrant dans la nouvelle gare on est happé par un jeu sournois de reflets et d’étranges perspectives. La vie y devient plus dense. Ce jeu d’ombres et d’échos, ainsi que l’enfouissement, semble être l’épycentre, ou bien l’antithèse, du vide extérieur.

Utah Beach . Sainte-Marie du Mont . Le temps s’est contracté lors des commémorations du débarquement où une base militaire américaine s’implante à Utah Beach à la même place que soixante ans auparavant. C’est une ville éphémère, blanche, poussée dans une pâture. Elle accueillera mille cinq cent GI pendant trois semaines pour assurer la protection des officiels américains. Les tribunes peu à peu se montent sur des échafaudages fluets. Derrière, loin de la plage, une piste en tôle ondulée flanquée de quelques baraques mène à la base. Un pylône, seule émergence, assurent les télécommunications avec la mère patrie. C’est le modèle d’une autre ville, diaphane, à la géographie étirée entre une Amérique transatlantique et ce pré normand.

Téléboutique . rue Jean-Pierre Timbaud . Paris . Un constat dans la ville régulière cette fois. Dans ses creux de nouvelles fonctions apparaissent qui révolutionnent sa spatialité : les taxiphones fleurissent sans que nous y prenions garde. Ils offrent des communications téléphoniques longue distance pour un coût modique, permettant à des communautés émigrées de rester en contact avec leur famille. Ce sont aussi des lieux de sociabilités où on se parle et s’écoute. Mélange de culture tertiaire et orientale, ces boutiques amènent un nouveau rapport à la distance en faisant coexister l’ici et le lointain.

Phone house . boulevard Voltaire . Paris. Cette ubiquité géographique entre l’ici et le lointain est rendue possible par la création de Téléports. Si nous utilisons aujourd’hui beaucoup le téléphone dans nos rapports sociaux au détriment du contact physique , c’est qu’une nouvelle spatialité a émergée. Il s’agit d’une spatialité opaque, où dans le huis-clos de plateaux techniques déserts, des communications basculent entre baies de brassage. Boîte noire sans lieux, mais reliée à l’étendue du globe, le téléport symbolise bien notre manière d’être au monde où l’espace perd sa consistance au profit de réseaux relationnels.

voilà donc cinq lieux urbains pour la chronique ordinaire du « scope ». Les dimensions et le temps y possèdent une existence détachée, baignant dans une sorte de réalité mixée, entre ici et ailleurs, entre matière et flux.

Jean RICHER (2005)
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