Gestion urbaine

Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /2009 13:43
Mardi 23 juin 2009 2 23 /06 /2009 18:12

 

La crise financière et économique actuelle interroge notre manière de produire la ville. Les attentes sont fortes et les moyens pour les y répondre ont changé. Une des solutions consiste à travailler sur les différentes temporalités du projet et de ses acteurs en développant la plastique des projets.


La ville dans l'écoulement du temps

 

Il faut du temps pour aménager les villes et nos interventions s'inscrivent dans des mouvements de fond. C'est à la lumière historique que l'on peut voir la continuité de l'action urbaine, alors que notre échelle d'action est, dans le meilleur des cas, celle d'une génération. Il y a un écoulement continu de la matière ville, mais que l’on n’a pas l'impression de modifier dans l'action quotidienne. Il se niche dans cette coulée historique une autre forme temporelle, celle des projets, qui correspondent à des émergences et qui modifient son processus de production.

 

Que les moyens de financement classiques de production de la ville soient aujourd'hui remis en cause pourrait s'avérer salutaire. La spéculation immobilière est amoindrie ; des questions nouvelles se posent, les habitudes doivent changer. Parallèlement les pouvoirs publics accordent une place toujours plus grande à la parole de la population et à la concertation. Nous devons donc réorienter notre action en faveur de la ville négociée. La population demande la mise en valeur de ses espaces de vie et nous devons y répondre maintenant avec des moyens différents.

 

Différents acteurs, différents temps

 

Pour comprendre les différents temps d'un projet, il faut s'en référer à ses acteurs. Le groupe pionnier composé souvent d'élus avance au fil du temps des idées qui génèrent des projets. son appréciation de la durée d'un projet est politique et ils a une certaine hâte d'autant qu'un mandat est court lorsqu'on parle d'aménagement urbain. S’y associe des alliés qui ont un intérêt particulier à ce que le projet réussisse. Partis, associations et groupes d'intérêts vont promouvoir au s’opposer au projet. Vient ensuite le groupe de travail dont l'expertise sur les villes est mise à contribution pour la faisabilité technique et financière de l'opération projetée. En dernier lieu viennent les investisseurs, promoteurs, architectes, bureaux d'étude ou entreprises dont les motivations sont mues par des stratégies individuelles.

 

Il n'existe plus aujourd'hui de compétence instituée qui permettrait à un unique acteur de faire le projet de a à z. Il nous faut donc agréger ces différents acteurs dans le temps. A partir d'un diagnostic partagé, une institution de pilotage propre à chaque cas produit un espace de projet. La population y trouve une place prépondérante. Nos actions se portent sur des territoires d'usage que les gens s'accaparent. Au-delà de leurs revendications, la stimulation du corps social est un enjeu urbanistique important et le projet se construit aussi par la communication. Il convient d'enrôler tous ces acteurs dans l'institution de pilotage pour que chacun soit conscient de la temporalité des autres. De même, il ne faut pas opposer les acteurs si l'on veut mieux articuler toutes les temporalités que sont celles des temps courts et des temps longs, des délais et de la durée, de la réactivité de l'irréversibilité des actions.

 

Dynamique non linéaire

 

Chaque projet répond à une dynamique non linéaire mettant en jeu la géométrie mobile des intentions des acteurs qui y prennent part. Chacun attend quelque chose de particulier du projet qui répond à une temporalité propre. Les élus veulent une rapidité de mise en œuvre, la population s'impatiente et les études prennent du temps. Ces temporalités propres interagissent entre elles et forment un système complexe. Cela se traduit par une dynamique globale de fonctionnement difficilement prédictible à partir de l'observation des interactions élémentaires entre acteurs. Mener un projet nécessite donc un art de « l'hétérochronie » qui entremêle les temporalités.

 

Une méthode consiste à linéariser ce système en réglant tous les intervenants sur le même tempo. C'est possible lorsqu'il s'agit d'un projet simple, beaucoup moins lorsqu'il épouse une géographie sociale complexe. Lorsque la coordination des « horloges internes » de chaque acteur s'avère problématique, le principe contemporain de l'essaimage intervient. La logique d'organisation en essaim décrit un management alternatif, s'inspirant d'études  naturalistes sur les systèmes d'organisation auto-adaptatifs du vol des oiseaux ou des abeilles. Cette méthode de travail prône une interaction quotidienne des éléments du projet qui le réorientent constamment en fonction des contraintes ou des opportunités rencontrées. Il faut dès lors considérer le temps du projet comme une étendue souple et adaptable à toutes les évolutions. Au lieu de vouloir tout maîtriser, on entre dans une gestion constante de chemin critique afin de détecter les points majeurs de résolution des problèmes.

 

Plastique temporelle et urbanisme temporaire

 

Dans la production en essaim d'un projet, il faut des éléments tangibles qui jalonnent le chemin parcouru. Intervient alors, au côté de la communication d'autres outils comme l'urbanisme temporaire. Voir fleurir des lieux à l'existence éphémère dans un quartier s'apprêtant à évoluer est un signe tangible pour tous. A Vitry-sur-Seine, par exemple, un centre social provisoire a été construit sur l'espace public en attendant la réalisation du programme de rénovation urbaine du quartier Balzac. L'agence FACT architectes a proposé pour le compte de la SEMISE un bâtiment provisoire emblématique dans lequel le projet urbain a pu s'incarner avant le commencement de lourds travaux de réhabilitation. Il s'agit d'un exemple du panel d'outils dont nous disposons pour articuler au mieux les besoins de développement structurel et une stimulation du quotidien: une forme de plastique temporelle ou l'on peut choisir des interventions à court, moyen et long terme en fonction des besoins.

 

Une autre manière d'envisager l'urbanisme consiste à estomper la distinction entre le penser et le faire au profit d'une approche pragmatique de la ville. Le projet devient un espace de gestion d'activités spatiales et temporelles s'apparentant à la fois au lieu de confrontation et à une fabrique d'actions. La perception de l'évolution de la ville dans le temps, rapporté au destin individuel de chacun, peut être source d'angoisses ou d'incompréhensions pour la population. Utiliser le présent pour des actions concrètes peut dénouer cette situation et faire comprendre l'avenir de la ville. Le temps, a dit le philosophe Cornélius Castoriadis, est création. La plastique temporelle, ce pourrait être l'exercice de savoir utiliser le présent pour des actions concrètes qui seraient autant de jalons temporels faisant le lien avec les projets à longs termes.

 

Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /2009 20:09

La figure du citoyen : entre attentes de service public et disparition de l’action citoyenne les nouveaux enjeux du faire la ville ensemble.

 

La notion de citoyenneté, « du savoir être », aux devoirs, peu ici être interrogée. Si Norbert Elias a su démontrer comment un long processus socio historique de pacification des mœurs est corrélatif de la création des états nations et de leur appropriation du droit à la violence. L’apparition d’une tierce personne par la figure de l’état dans la régulation des conflits interpersonnels a t-elle été si opérante qu’elle en enlève aujourd’hui au citoyen toute capacité d’action ? 

En effet, en date du 22/04/09 la direction générale du service technique et de l’urbanisme de la ville fût contactée par un citoyen/commerçant pour relater un dépôt d’ordure sauvage sur la voirie. L’information transmise est une sollicitation d’intervention du service voirie pour remédier à un dépôt sauvage d’ordure portant atteinte à la sérénité des lieux par son aspect mal odorant et son volume. Aussitôt l’information reçue, j’en fût informé et me suis rendu sur zone afin de constater ou non l’aspect gênant. La photo ci-dessous représente l’objet de la sollicitation citoyenne. Au vu des trois sacs qui jonchent le sol on peut se demander quel rapport entretient le citoyen avec les services de mairie. Si la gestion de la propreté est une compétence municipale « propreté urbaine » géré par le syndicat mixte du Sud Est vendéen pour l’élimination des ordures ménagère l’action citoyenne est l’éducation de la population à agir est-elle envisageable ?

Le service voirie a été informé et a répondu dans l’heure à l’attente du plaignant. L’efficacité et la réactivité des services municipaux, mérite d’être soulignées. Ce qui est à interroger, est cette décharge du citoyen, ici un commerçant qui trouve plus normal de signaler ce dépôt sauvage que d’agir pour rétablir la situation. Si la compétence de la propreté publique n’incombe pas aux particuliers on peut par ce fait percevoir l’attente du citoyen envers le service public. Ce que je note est cette absence de participation citoyenne à agir sur la ville. La figure du citoyen est-elle à entendre comme un consommateur de service public incapable d’action spontanée ?

Si cette question/débat ne peut pas trouver de réponse sans un approfondissement du sujet, il en ressort pas moins un besoin de service d’appoint de la gestion de la propreté publique. C’est à dire que la municipalité doit conserver une capacité et une réactivité sous forme de double mission, dépendant assez du volontarisme des agents à intervenir.

Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /2009 18:42

La sécurité passera par la vidéosurveillance : le contexte de crise actuel n'a fait qu'aggraver une situation déjà problématique. La montée inexorable de la violence et de la délinquance appelle depuis plusieurs années déjà des solutions drastiques que le gouvernement veut résoudre en développant un système qui a fait ses preuves, la vidéo protection des espaces publics. L'objectif ambitieux est de tripler le nombre de caméras de surveillance, actuellement de 20 000 dans les deux ans qui viennent.

 

Il est dommage de penser que des investissements importants en réseaux de surveillance résoudront la question des incivilités.

 

Premièrement parce que les caméras ne font que déplacer les problèmes. Les trafics et dégradations trouveront alors des terrains plus propices à leur efflorescence.

 

Deuxièmement parce que ces systèmes techniques n'opèrent une surveillance en temps réel pour le moment.  Les faits sont enregistrés pour être visionnées en cas de faits avérés. Nous voila donc sur une actions correctives à posteriori. Les systèmes de reconnaissance numériques en temps réel ne sont pas encore suffisamment sensibles pour donner une réponse immédiate quant à mettre un contrôleur devant chaque écran, n'y pensons même pas au titre des libertés publiques.

 

Troisièmement, car la réponse est maintenant connue pour répondre aux questions d'insécurité et elle s'appelle la gestion urbaine de proximité. Il s'agit avant tout de comprendre les attentes réelles des usagers d'un lieu pour entreprendre les aménagements et la gestion au quotidien nécessaires. Des expériences ont montrés leur efficacité : la gestion du jardin de la Villette montre bien qu'une approche psychologique est  souvent plus payante qu'une réponse toute faite.

 

Une fois de plus on plaque une réponse générique à des maux contextuels. La postmodernité décrit depuis vingt ans l'analyse locale au détriment des réponses générale. Il faut appliquer maintenant ce principe : en finir avec le tout investissement et réfléchir au cas par cas à la gestion des espaces au quotidien.

 

Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 12:08
 

La gestion urbaine s'intègre dans la notion européenne d'intérêt général allant au-delà des services publics. Son efficacité repose sur la capacité à repérer les éléments d'une démarche stratégique : qu'est-ce qui est important dans la vie quotidienne des habitants ? Qu'est-ce qui est mobilisateur ?


S'appliquant à un territoire vécu par les habitants, elle nécessite de bien intégrer leur demande par des enquêtes et des investigations. Elle stimule les ressources locales des quartiers. Il faut aussi rappeler qu'un des piliers du développement durable est la gouvernance qui consiste à amener les populations à une expression.


La gestion urbaine est une approche corrective du penchant des politiques urbaines au soutien privilégié à l'investissement en même temps qu'une garantie possible contre la séparation sans cesse reproduite entre l'urbanisme, l'économie et le social.


Enfin c'est un travail de décentralisation de l'organisation des services municipaux qui s'appuie sur une culture de la confiance pour développer une organisation horizontale.

Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 12:07
 La gestion urbaine de proximité dans le cadre de la politique de la ville a pour but de :
  • Rechercher la qualité urbaine et la mise en valeur des espaces publics pour l’ensemble des habitants et des usagers

  • Créer des « espaces de qualité » (plantations, espaces verts, liaisons douces, espaces plus privatifs, …)

  • Améliorer la qualité du service rendu (propreté, maintenance, enlèvement d’épaves, insécurité, …)

  • Développer l’attractivité résidentielle par les commerces, services et activités (culture, sports…) au sein ou à proximité des quartiers

  • Favoriser la pérennisation des investissements par un entretien adapté

  • Prendre en compte les attentes des habitants et favoriser l’appropriation des espaces

  • Réduire les tensions sociales, le vandalisme et la délinquance


La gestion urbaine de proximité intervient auprès des publics et sur des territoires, avec la volonté de mettre en œuvre des politiques adaptées qui permettent des ré-équilibrages entre les quartiers de la ville afin d’éviter l’accentuation des ruptures sociales et spatiales. Elle traite du social à l’urbain, considérant que c’est l’ensemble de ces axes qui doit être actionné pour prendre en compte les situations des personnes et les territoires.


Elle s’appuie sur la volonté de mieux répondre aux attentes des habitants :

  • Une meilleure gestion de proximité

  • Augmenter notre réactivité vis à vis des habitants

  • Améliorer la qualité de nos prestations

  • Mieux anticiper sur les besoins des habitants

  • Mettre à disposition plus d’information pour les habitants

  • Favoriser l’expression des habitants, l’écoute et la concertation

  • Accompagner les habitants si nécessaire


Ses enjeux techniques sont :

  • Réduire les consommations d’eau et d’énergie

  • Améliorer le recyclage des déchets

  • Réduire les coûts de gestion

  • Eviter la dégradation rapide et la dévalorisation de certains quartiers


La gestion urbaine s’accompagne de démarches d’amélioration :

  • Adaptation des organisations

  • Coopération entre les différents acteurs de la ville

  • Mise en oeuvre de Projets de Gestion et de plans d’action pluri-annuels

  • Implication des habitants

  • Evaluation des projets

Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 12:06

 

 

Le champ d’intervention concerne les espaces collectifs, « de la porte palière à l’arrêt de bus ».


Ces objets d’intervention sont l’ensemble des actes qui contribuent au bon fonctionnement du quartier (ordures ménagères, épaves – amélioration de l’entretien courant – qualification des espaces – clarification des responsabilités de gestion).


Services à l’habitat

Cadre de vie

Services publics de proximité

Services de vie quotidienne

- Entretien

- Gestion sociale

- Surveillance

- Nettoyage

- Gestion des déchets

- Espaces extérieurs

- Espaces verts

- Voiries

- Éclairage publique

- Sécurité

- Éducation

- Dispositifs d’aides à des

publics

spécifiques

- Transports

- Activités économiques

locales


Un cadrage initial est nécessaire pour ne pas partir dans tous les sens. En aucun cas il ne s'agit de faire des travaux à la carte mais de générer des projets collectifs.


Les réponses aux dysfonctionnements ne sont pas que techniques. Il s’agit de faire lien avec les questions sociales, de sécurité, et les projets d’aménagement urbain. Il s’agit à travers les démarches de GUP de privilégier autant la recherche de solutions que de se doter d’un cadre de travail partenarial pour fabriquer ensemble de la solution et revoir les organisations. Chaque institution (OPHLM, Pôle Santé, établissements d’enseignement…) doit améliorer la gestion qui relève de ses compétences, et ensemble les institutions leur capacité d’action collective.


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