Samedi 17 septembre 2011
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Le psychiatre H. Rorschach (1884 - 1922) invente en 1921 une expérience de perception qui consiste à interpréter des taches
abstraites où les réponses données en rapport à la forme et à la couleur révèlent la personnalité du sujet.
En appliquant le procédé aux villes que le psychiatre suisse a fréquenté, soit pour ses études, soit pour ses affectations
professionnelles, une autre géographie urbaine se développe. Elle devient alors le l'objet de libres interprétations.
Berlin
Berne
Herisau
Münsingen
Münsterlingen
Neuchâtel
Waldau
Zurich
Jeudi 17 mars 2011
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La ville, comme support matériel de nos vies, a définitivement pris le chemin du numérique. Sur les terminaux mobiles, nous obtenons
l’information nécessaire à nos appétits d’urbanité. Le développement des applications s’appuyant sur la géo-localisation a entraîné une territorialisation d’une grande partie des flux immatériels
tandis que le système « many to many » produits un nouveau type de relation via les réseaux sociaux.
Les fonctions traditionnelles de la ville que sont l’unité de lieu et l’identité se voient balayées par un mixage spatio-temporel où
chacun reconfigure son territoire de vie, tel une ville à soi, à partir des multiples relations numériques qui le relient au monde réel. Les repères urbains que sont les monuments sont peu à peu
remplacés par une monumentalité numérique émergente. Les nouveaux architectes seront des programmateurs capables de structurer nos actions quotidiennes dans des applications communes.
L’iPhone est certainement le prototype de la ville de demain. Non pas une ville apocryphe mais bien une visibilité dominante
reconfigurant littéralement l’espace. L’invention de la réalité augmentée, qui demain deviendra une réalité individualisée, n’explique pas autre-chose : l’espace n’est pas mort car la
révolution en cours se situe dans sa perception.
S’il fallait faire un peu de science fiction, il y a fort à parier que la ville du futur sera constituée d’une structure froide sur
laquelle chacun de nous projettera ses propres attentes grâce à un mapping simultané. Je déambulerai dans un quartier ultra-design tandis que mon
voisin de trottoir percevra, selon son plaisir, une architecture néo-gothique. Chacun configurera pour lui-même une ville providentielle et les
services se combineront dans cet environnement virtuel de telle manière que nos projections trouveront à chaque instant une issue dans laquelle une action physique sera possible. Monde urbain
personnalisé, mais en aucun cas personnel, ces configurations seront produites et vendues par des grandes marques et l’environnement qui en découlera sera savamment conçu pour orienter nos
pratiques de consommation. Nous vivrons dans une ville aux contours flottants.
Cette ville existe déjà sous forme fragmentaire. La scénarisation de narrations spatialisées a été expérimentée dans les parcs
d’attraction avant d’être introduite dans les centres commerciaux de dernière génération. La réalité augmentée trouve des applications consuméristes avec les publicités envoyées sur les
téléphones des consommateurs asiatiques sur les lieux de leurs emplettes. Ne manque que l’intégration de ces applications diffuses au sein d’environnements globaux.
Il faut remarquer dans ce système l’absence du politique
remplacé par l’opinion dont le flux ininterrompu du micro-blogging forme le bruit de fond. Plus qu’une nouvelle ville, c’est une nouvelle société qui nous presse de toute part ressuscitant
les utopies de la seconde moitié du 20e siècle : la ville à l’espace ininterrompu et le triomphe du capitalisme au détriment de nos vieilles organisations politiques.
Mardi 23 février 2010
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‘Make every door a greeting and every window a face. Do this now, because
the proper kingdom of the spirit is the kingdom of the in-between, wealth of architecture. Make every window and every door a spot, a cluster of spots of every house and every city, and as well
as this, make every house a little city and every city a big house. Build the counterform of the spirit for each and everyone, because they no longer do it themselves.’
Aldo van Eyck in FORUM 1959 n°8
Lundi 22 février 2010
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Il est des vues qui s'imposent. Regardant la ville établie sur le côteau d'en face, on ne peut que s'émerveiller
par la succession des strates qui s'étendent du pied du bâtiment, en passant par le vallon, jusqu'à l'horizon fait de petites maisons. L'idée qui a concourrue a l'édification d'un hôpital de
grande hauteur sur ce qui devait être une crête verdoillante est due a un fonctionnalisme victorieux qui ne se souciait pas le moins du monde d'insertion paysagère.
Les temps ont changes, le bâtiment en béton lavé est toujours là et nous offre malgré tout une immemorable vision, d'autant plus qu'à
ses pieds s'étend le vaste chantier d'une extension. A bien y regarde, et dans une chambre d'hôpital l'oisivete nonchalante prète a ces errements contemplatifs, la vue décrit un pan de l'histoire
contemporaine. Alors que l'urbanisation s'était sagement circonscrite sur le plateau et que sa lisière se faisait prolétaire, le vallon avait longtemps du être une étendue vierge et protègée par
le risque effroyable de l'inondation. L'ébulition des trente glorieuses aura eu raison de ce monument de la nature. Des bâtiments administratifs, tout aussi vilains que leur grand frère, sont
implantés a la manière d'une poignée de riz qu'on aurait jetée du haut d'un avion. Il résulte de la composition libre une atmosphère de franche pagaille qui renoue peut être avec l'esprit du
lieu.
Le chantier entre dans l'emerveillement de la vue. D'une certaine manière il est une merveille a lui tout seul. Avec massivité, il
surgit de terre. De lourdes structure de béton armé s'élèvent gauchement tandis que des parties d'ouvrage presque achevées voient s'activer des techniciens. La lourdeur de la composition
architecturale laisse à penser que le nouvel ensemble sera d'une franche laideur mais pour l'instant c'est une réelle grâce qui émane de cette chrysalide. De l'agitation des ouvriers en
premier plan jusqu'à la clemence des pavillons vingtième à l'horizon, ce paysage biscornu s'avance sans complaisance dans l'ecoulement du temps. Produits d'un siècle révolu, ces différent
bâtiments s'accordent soudain avec la beaute du chantier. Par un effet de contraste saisissant, ils s'extirpent de leur gangue moderniste, semble même nous narquer en nous lançant a la figure un
art du collage assumé.
Définitivement sous le charme, le regard parcourant de bas en haut l'étendue, nous sombrons dans le songe de ce nouveau
siècle.
Mardi 24 novembre 2009
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Mercredi 18 novembre 2009
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