Au petit matin, tout est parfaitement en place. Autour du parc, la ville se déploie, se module en toits, en variations grises. On est contenu par mille choses, cette vague rumeur est notre milieu dans lequel on flotte. Et là, dedans, quelque chose s’ouvre qui est le parc, qui lui-même est contenu dans l’espace du week-end. On court. On tourne, tous ensemble sur le bitume luisant, sur les chemins, entre les plates-bandes, sous les arbres. Impeccable mécanique. Il y a de rutilants costumes de sport et d’autres plus incertains, plus empruntés. Il y a des corps sublimes livrés à eux-mêmes, à leur allégresse et qui semblent échapper à leurs propriétaires. Il y a ceux qui souffrent et qui aiment ça, il y a ceux qui souffrent et qui souffrent, il y a ceux qui font semblant et ceux qu’ils croient qu’ils font et encore ceux qui savent qu’ils ne font pas vraiment mais qui quand même y croient un peu, comme moi. Les bons jours on arrive à penser à autre chose, on laisse là son corps qui monte et qui descend comme un cheval, on est monté dessus comme en voiture, c’est drôle. Alors on regarde autour, on voit les saisons qui défilent, tac tac tac tac, à une vitesse effrayante. Ce n’est pas la nature, non, plutôt une poche de ville dans la ville, un stade avec des arbres, un décor. C’est esthétique, sanitaire, plaisant, limité, prévisible, rassurant.

 

JPD

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