aiguillon sur mer
Le drame s'est passé à moins de quarante kilomètres d'ici. Pour nous, le vent a beaucoup soufflé mais sans gravité. Alors toutes nos pensées allaient aujourd'hui vers la baie de l'Aiguillon que nous fréquentons tous ardemment dès les premiers beaux jours. Nous sommes de tout cœur avec nos voisins. Les sentiments qui revenaient sans cesse étaient l'affliction et la fatalité. Au-delà du deuil, tous se sont souvenus avoir vu le littoral vendéen s'urbaniser ces dernières décennies et les digues se compléter au fur et à mesure. C'est vain, mais tous craignait un jour y voir une catastrophe advenir.

L'Aiguillon et la Faute-sur-Mer se situent dans l'ancien golfe des Pictons, à l'embouchure du lay dans une région qui fut longtemps un immense marais. Xynthia est pour donc pour certains une vengeance de la nature. L'histoire et la topographie rappellent s'il en était besoin que la zone est vulnérable. Son urbanisation a été rendu possible par d'importants travaux de génie civil dont un effort d'endiguement au dix-neuvième siècle. Aujourd'hui les flots qui ont pénétrés dans les terres auront bien du mal à s'évacuer. Alors comment expliquer l'inondation et l'exposition inconsidérée des populations malgré les plans de prévention mis en place?

Le danger de construire sous le niveau de la mer et trop proche des digues est bien entendu du à la pression foncière mais surtout à la spéculation immobilière. Lorsque la catastrophe survient il est facile de fustiger les plans d'urbanisme mais que penser alors des pressions phénoménales et quotidiennes pour autoriser à construire là où c'est interdit. Beaucoup ici ont profité de la manne immobilière en achetant une petite maison à deux pas des flots. Nous ne sommes pas meilleurs. Nous sommes de tout cœur avec nos voisins.

Tag(s) : #Changements climatiques

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