Le commerce traditionnel n’a pas vu venir l’explosion de l’offre sur Internet et la voracité des consommateurs a recherché de bonnes affaires sur la toile. Les études montrent pourtant que la fréquentation du réseau à des fins mercantiles ne fait qu’augmenter même si les marges de réduction, hormis sur les biens technologiques, sont en régression.

 

Sur Internet, on achète ses titres de transports, de la musique, ses jeux, jouets et livres. On effectue ses transactions bancaires et même ses courses au supermarché. La livraison aléatoire des débuts a donné lieu à une mécanique bien rodée.

 

Ce qui paraît important dans le phénomène renvoie pourtant à l’urbanisme. Si au dix-neuvième siècle le commerce a peu à peu privatisé l’espace public, Internet transforme la privatisation en individualisation. De chez soi ou de son bureau, on effectue un acte marchand, donc privé et individuel. Après l’éviction de la part public, l’e-commerce opère celle de l’espace lui-même et confronte sans distance l’individu à la sphère privée du commerce.

 

Le chez-soi, opposé habituellement au caractère public de l’espace urbain, se trouve à son tour contaminé par la privatisation du commerce et par là même à une expulsion. Il faut maintenant savoir si cette expulsion renvoie au public ou s’apparente à une réclusion au sein même du logement. La limite de l’intimité fluctue ainsi et  nous ne connaissons pas encore l’issue de ce nouveau conflit.

 

 

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