Les découpages disciplinaires entre « le dedans » et « le dehors » et entre la grande et la petite échelle - qui ont conduit à la séparation des métiers d’architecte, d’urbaniste et de géographe - doivent tomber. Nous faisons tous le constat de vastes bâtiments fonctionnant comme des villages (il suffit de voir les centres commerciaux) et de l’espace public se peuplant de plus en plus de savantes constructions. Nous entrons dans le domaine ouvert de l’aménagement où nous devons apporter une ingénierie pragmatique à la structuration de l’espace et du temps.

 

Au temps de l’évolution de la ville répondent des temporalités bien plus pratiques : le temps de la décision, celui de l’étude et celui de la mise en pratique. Lorsqu’il s’agit de la conception d’un espace urbain, cela passe par le projet, le chantier et l’élaboration du mode de gestion de l’espace. Lorsqu’il s’agit d’une intervention sur un document d’urbanisme, cela passe par la discussion et la programmation des équipements nécessaires. Dans tous les cas, c’est bien des hommes et des femmes alors réunis que sortira le projet. Le terme de sculpture sociale, référence directe à Joseph BEUYS, exprime bien cette idée que tout aménagement physique de l’espace tient évidemment à la rencontre de personnalités différentes et que le processus compte autant que le résultat. Travailler sur la matière de la ville exige aujourd’hui de passer les projets au crible de la concertation. Cela exige de la pédagogie, une foi en un changement possible et une gestion du temps du projet.

Jean RICHER

Tag(s) : #Territoires

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