Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 17:01

biennale fontenay 03biennale fontenay 04

 

Ici, nous faisons la fête des fleurs tous les deux ans. Sont alors portées sur des chars fleuris les plus belles filles de la ville. Fanfares et majorettes les accompagnent tandis que la population des environs s’amasse le long des trottoirs pour ne rien perdre du spectacle.

   

Ici, la beauté des femmes s’inscrit dans l’histoire de la cité.

 

JR


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Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /Mai /2010 19:30

aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoin

 

Lors de l’examen de la loi Grenelle 2, les députés ont entériné la suppression de l’avis conforme des Architectes des bâtiments de France dans les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysagé (ZPPAUP). Ce conflit opposait depuis plusieurs mois les tenants de la sauvegarde des centres anciens à ceux du développement durable. La limitation du pouvoir des architectes des bâtiments de France offrira t-elle une nouvelle chance au renouvellement des formes anciennes ou sera-t-elle le crépuscule du patrimoine ? 

 

Les centres anciens, même dans leur partie les plus modestes, avant d'être "patrimonialisés" (voir muséifiés), appartiennent au registre du « durable » puisqu'ils s'inscrivent souvent avec vigueur dans une durée multiséculaire pourtant réactualisée à chaque génération par les multiples usages qu'ils ont abrités et abriteront. L'opposition se juge plus aux faibles performances énergétiques de certaines constructions ainsi qu’à la poussée des énergies renouvelables et plus précisément des panneaux photovoltaïques en toiture. Quelle conciliation pouvons-nous attendre?

 

Rappelons qu'à côté des secteurs sauvegardés (créés en 1962 à portée muséal), les ZPPAUP (crées en 1983 et actuellement au nombre de 610), sont des zones de protections où chaque collectivité élabore un règlement spécifique dont la gestion était laissée aux services instructeurs et à l’architecte des bâtiments de France, qui usant de son avis conforme lors de la délivrance des permis de construire, avait là un puissant outil de régulation... que certains détracteurs considéraient comme abusif. La décision de suppression de cet avis provient en fait d'une revendication politique qui veut que l’autorité administrative qui a créé la ZPPAUP doit pouvoir la gérer comme elle l'entend. Au sein de ces périmètres, l’aire de protection de 500m autour d’un monument historique ne s’applique plus, et l'architecte des bâtiments de France s’y voient maintenant relégué au rang de conseil.

 

Le Grenelle 2 prévoit la disparition des ZPPAUP au profit des « aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine » nouvellement inscrite au code du patrimoine sans que l'on puisse sentir une réelle différentiation, avant publication des décrets d'application, hormis la suppression de l’avis conforme. Elle traduit l’opinion générale qui veut que la multiplication des règles rend tous travaux en zone protégée très difficiles. Il est vrai qu'associer réglementation thermique, règles d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite et préservation du patrimoine s’apparente à un savant jonglage qui rebutent bon nombre d’investisseurs habitués à des bilans opérationnels plus profitables. Même les bailleurs sociaux ont aujourd’hui du mal à intervenir en centre-ville avec le désengagement financier de l’Etat. Comme trop souvent, on a essayé de traiter le symptôme plus que le mal en érigeant l’avis de l’ABF en verrou administratif dont le symbole brulé sur la place publique permet désormais d’envisager un avenir "durable" aux centres anciens.

 

La réédition récente de l’excellent livre de Françoise CHOAY, « l’Allégorie du patrimoine », rappelle ce vieux débat entre conservation et évolution. Le dix-neuvième siècle a inventé la ville comme objet patrimoniale propre alors qu'avant seuls les monuments remarquables comptaient. Ruskin, Camilo Sitte, ou encore Viollet-le-Duc ont théorisé les méthodes de conservation et de mise en valeur de la ville ancienne tandis qu'Haussmann effectuait des percées meurtrières dans le tissu urbain parisien au nom de l'hygiénisme. Si l'enseignement des architectes des bâtiments de France repose sur des principes scrupuleux à l'égard du patrimoine tirés de la charte de Venise (1964), la dynamique inverse est aussi vraie. Au nom de la salubrité et maintenant des énergies renouvelables, le patrimoine urbain est sommé de s'adapter par la violence s'il le faut.

 

Les problématiques rencontrées en centre ancien sont certes variées et contradictoires : préservation du patrimoine, amélioration des performances énergétiques, sécurité incendie... Les solutions doivent pourtant être recherchées dans la compatibilité entre les différents règlements en vigueur en excluant d'éventuelles dérogations. L'enjeu est bien là : agir en mode associatif, sans stigmatiser une contrainte pour la rendre inopérante. La richesse urbaine s'est construite sur la conciliation des contraires depuis l'établissement des premières cités antiques jusqu'à aujourd'hui. La ville est le lieu par excellence du rapport de force et la question qui se pose maintenant à nous est celle de la concertation. On ne peut être que d'accord si la suppression de l'avis conforme signifie le retour à une collégialité de discussion où tous les acteurs de la ville s'expriment pour établir un projet commun de territoire. Rien ne va plus s'il s'agit au contraire du fait du prince pour autoriser des programmes ou des travaux dénaturant le patrimoine... Afin de s'assurer d'une approche positive, il faudrait créer ces instances de discussions capables de rechercher les solutions compatibles, or nous en sommes loin.

 

Viollet-le-Duc, dans ses Entretiens sur l'architecture, écrivait : "faites que nous puissions oublier tout ce qui s'est fait avant nous. Alors nous aurons un art neuf, et nous aurons fait ce qui ne s'est jamais vu; car s'il est difficile à l'homme d'apprendre, il lui est bien plus difficile d'oublier". Concordance des temps, alors que le Grenelle 2 était voté, s'ouvrait au centre G. Pompidou l'exposition "Dreamlands" dont le sujet est la transformation de la ville traditionnelle en métropole d'opérette. De Dubaï à l'exposition universelle de Shangai, le carton-pâte fait des merveilles. Ces exemples excessifs montrent que d'autres choix sont possibles tandis que le modèle français de préservation du patrimoine urbain se lézarde peu à peu sous la poussée de la mise en valeur spectaculaire des reliques du passé.

 

Si le rempart de l'avis conforme était dérisoire face à ce choix de société, il est grand temps de clamer la valeur d'usage du patrimoine et de faire naître un débat constructif sur les vertus des aspirations des habitants dans les centres anciens tout en conservant les préceptes salvateurs de lisibilité et de réversibilité dans nos interventions. Sinon ce sera la défaite de plusieurs siècles de réflexion patrimoniale. Espérons qu’il est vraiment difficile d’oublier.


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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /Avr /2010 07:26

la fille de paris

 

Paris, le 28 avril 2010

JR


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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 19:02

merci architecture

 

A bien regardé, l'architecture vit une crise. Il n'est pas question de s'en émouvoir en comparaison des crises financières et environnementales qui nous assaillent. Mais s'agissant du cadre construit qui abrite une grande partie de nos activités sociales, il semble tout de même crucial de comprendre cette crise de sens. A grand renfort de figures de mode, l'architecture mondiale se renouvelle constamment, passant par exemple du dogme du blub à celui du porte-à-faux, mais le mouvement semble ronronner, pour ne pas dire qu'il tourne à vide. De plus, ce qui nous est montré dans nos revues ne représente qu'une infime partie de la production et nos architectes-stars se répandent dans les magazines grand public comme les dernières rock stars.

 

Pourtant nous faisons face à des changements majeurs de société. D'un côté, les télécommunications ont radicalement changé notre rapport au monde, et d'un autre, l'explosion urbaine des pays en émergence bouleverse notre manière de considérer la ville. A partir de ce constat je crois qu'il existe une place pour la critique architecturale et urbaine, dégagée des contingences de la pratique, qui contribue à bâtir une pensée théorique apte à donner des solutions pour sortir de la crise qui nous afflige. Pour cette critique en architecture, l'enseignement à tirer de notre époque est certainement celui d'une interdisciplinarité raisonnée, intégrant le lieu d'où on parle, mais ouverte à l'économie, aux sciences humaines et au droit. Profitons donc de la période, de ses errements et de ses trouvailles, pour fonder une pensée agissante. Pour cela, il faut dépasser le débat étriqué sur les formes et s'ouvrir au contexte spatial, social et historique de l'œuvre (cette dernière étant prise à la fois au sens de l'ouvrage et de la création). Tournons donc dorénavant nos efforts vers la critique architecturale et urbaine !

 

JR

 

Protestation !

Je crois qu'il est extrêmement difficile de juger une époque que l'on vit par rapport à une autre, sur laquelle on a du recul. La production actuelle est-elle meilleure que celle des années 90, 80, 70, 60, 50? La question n'a pas de sens. Une mode constamment mouvante, oui mais est-ce que ça n'a pas toujours été le cas? Des stars, oui, mais après tout il y en a aussi en musique, dans l'art contemporain, dans les sciences humaines. Peut-être ont-elles une utilité quelconque. Peut-être ont-elles une forme de talent. Peut-être ont-elles une fonction.

 

Je pense qu'un architecte qui serait pénétré d'interdisciplinarité, de politique, d'économie, d'histoire de l'art, de droit... ne pourrait plus tracer une ligne. Ce serait au mieux un philosophe. Je suis le premier, par nature, à réclamer aussi une critique raisonnée, formulée au delà des phénomènes de mode, une pensée sur le monde articulée. C'est une nécessaire insertion citoyenne du métier. Mais il n'y a pas pour autant "d'éclairement" définitif de la création pour en faire une matière objective, pas même chez Claude-Nicolas Ledoux. Il faut une relative obscurité, il faut une part assumée d'irrationalité et d'intériorité pour créer. Ceci d'autant plus que les architectes, et autres créateurs, ont une fonction sociale essentielle de révélation de leur époque et de leur milieu, mais cette médiation, cette communication passe paradoxalement par une forme d'isolement.

 

JPD


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Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 20:45

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Mervent 1297

 

 Mervent, le 23 avril 2010


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Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 09:54

Ligne 9, c'est la raréfaction vers le plaisir, le chariot mystique
cahote vers Babylone. Long glissement vers l'ouest, et peu à peu le
vide se glisse entre les choses, les articule. La diction du vide, la
saveur de l'hébétude, des rayons de soleil traversent une poussière
de limbes. Toutes choses et êtres se gardent, se regardent, attendent.
Les pelouses confidentielles attendent, et sur le périphérique les
voitures en pleine course attendent aussi, et le balancement des
arbres, et les vitrines impeccables tendues attendent aussi
patiemment. C'est un décor, c'est une fiction, c'est une plaisanterie.

 

JPD


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