Penser n’est pas sortir de la caverne, ni remplacer l’incertitude des ombres par les contours tranchés des choses mêmes, la lueur vacillante d’une flamme par la lumière du vrai Soleil. C’est entrer dans le Labyrinthe, plus exactement faire être et apparaître un Labyrinthe alors que l’on aurait pu rester « étendu parmi les fleurs, faisant face au ciel ». C’est se perdre dans des galeries qui n’existent que parce que nous les creusons inlassablement, tourner en rond au fond d’un cul-de-sac dont l’accès s’est refermé derrière nos pas – jusqu’à ce que cette rotation ouvre, inexplicablement, des fissures praticables dans la paroi.
Cornelius Castoriadis, Les Carrefours du labyrinthe
Un des piliers du développement durable est la gouvernance. Cela nous oblige à repenser l’organisation du projet en interrogeant les relations entre élus, techniciens et autres spécialités. Des compétences multiples offrent aux projets une épaisseur de pensée qu’il s’agit d’organiser dans une institution de pilotage et des groupes de travail.
La participation de la population est reconnue mais il reste encore beaucoup à faire pour que les projets se fondent sur le substrat social coexistant au site. Trop souvent, les programmes sont plaqués et on s’étonne des difficultés à y faire naître une vie sociale.
Il faut cesser la disjonction entre investissement et fonctionnement : un nouveau morceau de ville est censé fonctionné tout seul ? Non, seule une gestion urbaine de proximité permet de tenir en haleine le temps long. On se met effectivement à rêver de stratégies urbaines qui engloberaient la conception du projet, sa concertation et sa gestion dans un seul et même élan.
en réponse à http://www.lemoniteur.fr/133-amenagement/article/point-de-vue/710908-du-projet-urbain-a-la-strategie-urbaine
Au petit matin, tout est parfaitement en place. Autour du parc, la ville se déploie, se module en toits, en variations grises. On est contenu par mille choses, cette vague rumeur est notre milieu dans lequel on flotte. Et là, dedans, quelque chose s’ouvre qui est le parc, qui lui-même est contenu dans l’espace du week-end. On court. On tourne, tous ensemble sur le bitume luisant, sur les chemins, entre les plates-bandes, sous les arbres. Impeccable mécanique. Il y a de rutilants costumes de sport et d’autres plus incertains, plus empruntés. Il y a des corps sublimes livrés à eux-mêmes, à leur allégresse et qui semblent échapper à leurs propriétaires. Il y a ceux qui souffrent et qui aiment ça, il y a ceux qui souffrent et qui souffrent, il y a ceux qui font semblant et ceux qu’ils croient qu’ils font et encore ceux qui savent qu’ils ne font pas vraiment mais qui quand même y croient un peu, comme moi. Les bons jours on arrive à penser à autre chose, on laisse là son corps qui monte et qui descend comme un cheval, on est monté dessus comme en voiture, c’est drôle. Alors on regarde autour, on voit les saisons qui défilent, tac tac tac tac, à une vitesse effrayante. Ce n’est pas la nature, non, plutôt une poche de ville dans la ville, un stade avec des arbres, un décor. C’est esthétique, sanitaire, plaisant, limité, prévisible, rassurant.
JPD
Proposition pour une exposition :
Maquette J.P. Doré
Photographies prises dans les lotissements « les voiliers » et « les flots » qui ont vécus les plus grandes pertes humaines durant la tempête Xynthia en février 2010.
Prises de vue numérique, juin 2010