Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 21:17

Quelle est la place des centres anciens dans la métropolisation? La réponse majoritairement donnée aujourd’hui est celle de l’exploitation du patrimoine comme moteur culturel et touristique. Jetés dans cette spécialisation, les centres anciens permettent aux métropoles d’affirmer une identité territoriale dans un contexte de rivalité interurbaine. Mais ce faisant, Ils perdent les qualités attachées à leurs territoires de vie. La définition même de centre ancien nécessiterait d’être précisée. Centre-ville, centre historique, quartier ancien, autant de réalités multiformes dont la simplification à un terme générique tend à les condamner a être considéré comme des réserves indiennes, un ennui à éviter, ce je ne sais quoi qu’on préfère oublier, lui préférant les grands espaces de la métropolisation, ce nouveau Farwest.

 

De la métropolisation

 

En premier lieu vient l’explosion du modèle diffus. A côté des centres historiques compacts s’est développée en moins d’un siècle une architecture territoriale diffuse, selon un modèle polycentrique, d’archipel, formant un réseau à partir de noyaux denses et de surfaces plus étales.

 

Emergement de nouvelles polarités donc, chaque centre tendant vers la polyfonctionnalité pour intégrer le maximum d’activités et de services. Zonage et ségrégation aussi. Car la dissociation entre l’emploi et l’habitat ne fut jamais plus grande. Et le mythe de la mobilité s’en trouve accru avec la croissance des flux et la congestion pour finalité. De l’étalement des villes dérivent la diffusion des centralités et leur hiérarchisation. La concurrence territoriale intra-métropolitaine impose hiérarchisation et spécialisation d’autant que l’économie est devenue hétérogène et discontinue, de moins en moins liée à l’économie régionale car rattachée à la mondialisation des activités, à la financiarisation et la tertiairisation. 

 

Des centres anciens

 

Le caractère de centralité se fonde sur un certain nombre de propriétés : la géométrie de l’espace en premier lieu, l’antériorité historique et les représentations symboliques. Elles sont liées généralement au marché du travail et à la régulation des échanges économiques, ainsi bien sur qu’aux pouvoirs.  Les centres anciens constituent pour la plupart le lieu traditionnel de l’exercice du pouvoir bien que les fonctions directrices y soient en voie d’affaiblissement. L’économie mondialisée possède ses propres référentiels spatiaux et les centres anciens ne sont plus en mesure de porter les fonctions métropolitaines en termes d’usage et d’équipement. Ils sont passés en moins d’un siècle d’une centralité de mobilité à celle de figure figée. Partout ou presque c’est un constat de fragilisation et de gentrification qui domine dans les centres anciens lorsque ce n’est pas une spécialisation dans le tourisme et la culture.

 

Ce qui constitue à coup sur la centralité historique est peut-être à rechercher dans la signification grandement collective des évènements qui s’y déroulent, faisant la part belle à l’espace public comme lieu d’apparition. Or nous vivons depuis une décennie l’émergence de la ville ludique et festive (la festivalisation), de l’évènementiel et du “fun shopping”. Autant de nouvelles pratiques de centralité réécrivant la ville sur elle-même en survalorisant le patrimoine existant ou requalifiant des friches et des quartiers dégradés. L’effet vitrine est recherché par une économie métropolitaine dont l’ingénieurie culturelle transforme le patrimoine en objet de consommation. Le patrimoine, comme récit fondateur d’un lieu, en vient aujourd’hui à rechercher la validité que lui donnera l’affluence touristique. Or la fréquentation touristique provoque des conflit d’usage de l'espace ainsi qu’une pression foncière et immobilière tandis que la protection du patrimoine est vécue comme un obstacle à l’amélioration des conditions de vie.

 

D’une fusion?

 

Tournant le dos à l’opposition centre-périphérie, les centres anciens doivent être pensés comme partie prenante d’un territoire plus vaste. Surinvestis aujourd’hui pour leur valeur d’image, ils font l’objet d’une traitement singulier par des politiques spécifiques. Or dans le phénomène de métropolisation, la distinction centre / périphérie est de moins en moins opératoire à l’heure de la mobilité généralisée. Penser la métropole vertueuse post Kyoto veut dire penser un système avec des solutions de continuité entre centres anciens et territoire métropolisé ou les mesures de protection des premiers seraient partie prenante dans les projets du second.

 

Il faut dès lors nous posez trois questions:

  • L’identité patrimoniale donne du sens à un territoire plus vaste soit, mais comment organiser et faire percoler les flux nécessaires à l’inscription des centres anciens dans la vie des territoires métropolisés?
  • Un centre ancien peut-il encore remplir des fonctions métropolitaines? et lesquelles?
  • Les dispositifs de protection des centres anciens sont-ils favorables à une mise à niveau métropolitaine de ceux-ci?

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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 20:38

SIMULATION URBAINE 2 SIMULATION URBAINE 3 SIMULATION URBAINE 5 simulation urbaine 7 SIMULATION URBAINE 4 SIMULATION URBAINE 5

 

Avec ma fille de 8 ans, nous avons joué à un jeu très sommaire sur Iphone, "City story". Nous nous sommes très vite mis d'accord sur un chaos de fonctions. Puis vint la question des voies. Je lui prétendais que la ville post-Kyoto était désormais une ville piétonne et donc qu'il n'y avait plus besoin de routes. Elle m'a regardé interloquée, m'a affirmé qu'une ville sans route ni voiture n'était pas une ville... pour finalement mettre en doute ma compétence d'urbaniste avant de claquer sur un bord du terrain un château alors que je m'évertuais à construire des tours.


Je suis rétrograde avec mes vieux réflexes de développement durable. La mode est passée. N'en parlons plus.


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Vendredi 12 novembre 2010 5 12 /11 /Nov /2010 22:01

MYTHOLOGIE CONTEMPORAINE DUMS 02


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Vendredi 12 novembre 2010 5 12 /11 /Nov /2010 21:58

MYTHOLOGIE CONTEMPORAINE DUMS 01


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Jeudi 4 novembre 2010 4 04 /11 /Nov /2010 21:27

DUMS GRANDPARC 15 

 

Le Grand parc du Puy du fou propose aux visiteurs une expérience temporelle. Mais le voyage dans l’histoire promu par ce parc à thèmes se transforme bien vite en une exploitation univoque du présent.

 

Ce parc à thèmes raconte beaucoup sur la vie contemporaine et son support matériel qu'est la ville. La question n'est pas de savoir si les visiteurs vivent la fiction des lieux qu'ils traversent. Elle est bien plus de comprendre pourquoi on a voulu simuler ici la ville traditionnelle.

 

Les répliques de villages ne sont pas des formes du passé même si la qualité des constructions laisse penser à un simulacre bien fait. Ce dispositif n’est pas sans entrer en résonnance avec le mouvement du New Urbanism.

 

Simulacre et narration

 

L'actualité du parc se vit dans l'instant dont le plan guide est le métronome. Ce dépliant est distribué dès l’entrée du parc. Il associe des horaires, des lieux et des évènements. Si vous scrutez bien celui-ci, ce que tous les visiteurs font, vous comprendrez bien vite que chaque scénette historique est couplée avec un spectacle en plein air. Il faut comprendre par là que l'architecture n'est que le prétexte d'une narration à la charge d'un spectacle.

Dans les années 1950, Walt Disney invente une discipline architecturale promise à un grand succès : l’imagineering. Pour produire une forte expérience chez le visiteur devenu spectateur, l’architecture et la technique sont inféodées à l’imagination de l’effet dont l’unique but est de provoquer du spectaculaire dans la perception des lieux. Cela renvoie aussi la récente exposition Dreamland du centre Georges Pompidou et à une certaine manière de produire la ville aujourd’hui.

 

Quant le spectaculaire remplace l’expérience

 

Dans le Grand parc, on a postulé l'hypothèse du temps univoque. D'une certaine manière on y peaufine un modèle de ville où l'architecture serait un décor urbain support d’un récit marketé. L’exposition du passé n'est ici qu'un prétexte, le plus grand commun dénominateur pour un projet résolument politique où le spectacle remplace l'expérience.

 

Cela montre bien que le temps est un capital. Si la ville est un espace privilégié dans l'accumulation et la reproduction du capital, il faut s'intéresser au capital temporel. Il faut aussi observer qu’on a su spéculer ici sur le capital temporel. Mais tout se passe aussi comme si le lieu du temps partagé nécessitait aujourd’hui la création d’une illusion. La question qui se pose à nous dans le Grand parc est celle de la pluralité. Cet endroit élimine la proximité de l’inconnu dont parlait Emmanuel LEVINAS.

 

Ensuite, alors que le développement durable prône l’économie des ressources, il nous faut d’interroger notre mode de consommation du temps. Pour économiser du temps, pour aller plus vite notamment, nous consommons les autres ressources naturelles jusqu’à leur épuisement. Raisonner nos modes de consommation passe donc par une meilleure gestion du temps.

 

Le Grand parc renvoie aussi à l’attachement affectif qui nous relie au patrimoine, c'est-à-dire aux édifices issus d’un monde révolu. Leur intérêt réside moins dans leur qualité intrinsèque que dans leur déploiement dans la durée. Je crois lire dans cette sacralisation obscure une tentative d’épouser le temps et d’y trouver refuge dans un monde trop fluctuant.

 

Renversement de paradigme

 

Enfin, la considération de l’espace ne suffit plus en matière d’aménagement. Nous avons étalé nos villes jusqu'à ce qu’elles fassent corps avec le territoire. Nous avons ensuite conquis la hauteur en densifiant l'espace. Le débat récent sur les tours à Paris en est un épisode. Désormais c’est bien dans l’organisation de la mise à disposition de l’espace dans le temps que se joue la partie. Nous partons donc du constat que toute tentative de modifier l’espace est vaine si elle ne s’accompagne pas d’une forme d’aménagement du temps.

 

Il ne s’agit pas ici d’opposer naïvement l’espace et le temps car selon Epicure, le temps est la forme de la matière en mouvement. Mais nous sommes passé de l’espace comme support matériel du temps partagé au temps comme support de l’espace partagé. C’est un passage très important même si cela a un caractère univoque dont cet exemple précis.

 

La grande question, celle qui devrait dominer les débats des aménageurs d’aujourd’hui, est bien de savoir si l’espace public, tel qu’on le conçoit aujourd’hui, peut encore accueillir l’expérience individuelle tout en conservant son caractère collectif et pluriel. C’est pourtant à cette condition que nous pourrons voir se déployer les temps urbains, librement choisis par tous.

 

Pour le temps des villes, débat animé par François Chaslin, 11 octobre 2010 à 19H00, petite salle du centre Georges Pompidou, dans le cadre du cycle culture urbaine à la BPI

Extrait de l’intervention de J. Richer


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Jeudi 4 novembre 2010 4 04 /11 /Nov /2010 21:21

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