Mercredi 19 mars 2008 3 19 /03 /Mars /2008 18:54

Dans le roman d’Oscar Wilde, le jeune Dorian Gray passe un pacte avec le diable pour rester éternellement jeune, alors qu’il mène une vie de débauche et d’excès dans les bas-fonds de Londres. Conséquence diabolique, c’est son portrait, dissimulé chez lui derrière un paravent, qui subit les pires outrages, vieillissant monstrueusement. Aujourd’hui, on peut utiliser cette métaphore pour qualifier le rapport ambigu des villes (comme Paris, mais pas uniquement) à leur périphérie. Les centres villes se muséifient, la défense des patrimoines divers fait rage, les flux automobiles sont peu à peu maîtrisés, la ville devient verte, piétonne, les quartiers à la traîne se « civilisent ». Conséquence bien connue, l’immobilier augmente, la population se « gentryfie » - voir les bobos – et un pervers effet centrifuge rejette en banlieue, en périphérie plus ou moins lointaine ce qui la fait vivre mais qu’elle ne veut plus voir : les industries et artisans, les pauvres, les immigrés. L’effet inverse, centripète, est un embellissement et une spéculation toujours plus intense sur le centre ville.

 
I.         Centrifuge et centripète, le syndrôme Dorian
a.       L’effet contenant de la ville, et ses effets pervers
b.      Le portait caché de la ville : les entrées de ville
c.       Le rapport ambigu à la Nature
II.       Le sens de l’histoire ? mutations, digestions, révélations
a.       Piste 1 : les grands ensembles
b.      Piste 2 : les infrastructures de transport : de la ville au territoire habité
Conclusion : émergence d’une forme urbaine

Jean-Philippe Doré

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Lundi 3 mars 2008 1 03 /03 /Mars /2008 08:45

villefluctuante-1.JPG villefluctuante-2.JPG

Aurélie ECKENSCHWILLER
 


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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /Fév /2008 10:07

Retrouvé les photos faites depuis le Dodge en route, en 1996. Au premier plan on voit le tableau de bord avec la petite figurine Mattel de Spider-man. Que s’est-il passé depuis ? Beaucoup de choses pour moi, et le monde ? 

Envie de développer un peu sur ce spider-man : 

-         les réseaux, l’intrication toujours plus grande entre les humains avec les nouvelles technologies de communication. Convergence, et tissage toujours plus serré de la toile numérique, des fils invisibles qui nous asservissent aux autres, qui nous « hétéronomisent » toujours plus avant. Spider-men dérisoires, nous glissons inconscients dans une prétendue liberté quand en vérité nous resserrons nos liens.
-         Spider, super-héros américain fabriqué en Chine, retournement de valeurs ? 2007, aussi l’année du voyage à Shangaï. Après l’enthousiasme immédiat, bien retombé depuis. Disons que comme d’autres j’ai vu le diable, notre diable d’européens, et que depuis je ne brûle plus d’y retourner…
-         Les figurines géantes, agrandies de Xavier Veilhan à la cité Internationale de Lyon : un livreur de pizza, un businessman à mallette, une jeune fille en roller, un pingouin.
 
Jean-Philippe DORE

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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /Fév /2008 10:07

CB

Le samedi, donc, nous consommons. C’est comme ça, c’est notre ordre, c’est notre temps. Peut-être qu’en d’autres temps nous serions descendus à la palestre pour nous exercer, ou sur quelque agora pour parler de la chose publique. Non, nous, c’est la Carte Bleue, c’est la consommation compulsive jamais assouvie, c’est l’éternel quête du désir, du neuf, du beau dans une société de l’obsolescence.

 
Jean-Philippe DORE

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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /Fév /2008 10:05

SMS

TGV. Soleil. Automne. Plaisir d’être là un peu perclus par le « brandy » thaïlandais de la veille. Onze heures du matin. C’est l’heure du SMS d’Aurélie depuis San Francisco. Elle se couche après une party. Avec un peu d’imagination je pourrais revoir le Golden Gate et la brume les rues en pente et la succession des maisons en bois à bow-window. Alors, voilà : envoyer un message électronique à une jeune amante depuis le train, en marche inverse dans la campagne ensoleillée et brumeuse. Sentir tous ces liens mystérieux qui me lient à elle et au monde, sentir tous ces fils infiniment flexibles et invisibles qui me lient pourtant si solidement à l’Autre. Bonheur, oui, d’être en vie dans ce monde-là.

 
Jean-Philippe DORE

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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /Fév /2008 10:04

Terminus Nord, grande brasserie aux miroirs. Content d’être là avec Jean qui vient me voir de Fontenay. Après avoir sérieusement travaillé à l’agence nous dînons d’un chateaubriand et d’une bouteille de côtes du rhône. Roborative discussion. Bien plus que son sujet ce qui compte c’est le plaisir de se retrouver et d’éprouver une fois de plus que nous sommes pareils : toujours prêts à recommencer quelque chose, jamais si véritablement heureux qu’en projet, en évolution, en questionnement. La conversation achoppe sur le napperon sous la tasse de café. Il est en papier, disposé entre deux soucoupes blanches empilées, de deux diamètres différents. C’est un rien pompeux mais va avec le décorum de la grande brasserie. Pour un peu on se croirait dans une scène de film de Claude Sautet, à humer l’épaisse empathie humaine et des fumées de cigarette des années soixante-dix. Enfin, au Terminus, un peu d’ostentation oblige. Le napperon est en papier mais pourquoi diable essaye-t-il d’imiter un napperon brodé. Et aussi, pourquoi un napperon ? Est-ce une citation, une métaphore, une dégénérescence, une raison économique, est-ce nécessaire, est-ce suffisant ? Conversation passionnée. La deuxième bouteille arrive toute seule sur la table.

 
Jean-Philippe DORE

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