Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /Avr /2008 18:39

Il est temps de revisiter les années maudites, celles des tours et des barres. Trente, quarante ans, une génération a passé. Le pavillon a enterré les grands ensembles, le tramway les RER, le « contexte » ou le local, les utopies. Il semble que c’est dans la critique même qui a été faite de l’urbanisme et de l’architecture des années 60, qu’on peut tirer des enseignements sur notre époque. Les utopies de ces années-là étaient totalement alimentées par une forte croissance économique, une volonté rédemptrice de changement et de modernité après la guerre, une fois dans le progrès. De ce point de vue, les grands ensembles et les utopies urbaines (Archigram, Superstudio, Yonel Friedman) sont liées. Il y avait beaucoup à faire, on pensait en grand, sans beaucoup de détail. Le Corbusier et les CIAM parlaient d’ « établissement humain ». La science-fiction, le culte de l’espace étaient florissants.

Sans être économiste, on peut se dire que la croissance économique et que la dimension imaginaire, ou utopique d’une époque sont liées. Le repli sur l’histoire, l’individu, le contexte de l’architecture des années 80 marque aussi une restriction de la « taille » de l’imaginaire. Aujourd’hui, l’architecture est en pleine politique de l’autruche : une compétition non plus seulement d’objets, mais d’enveloppes d’objets, avec une conception de la ville assez lâche et floue au mieux comme un « laisser faire ». Récupérer la préoccupation de la multitude, de la survie du plus grand nombre ensemble dans ce qui n’est plus depuis belle lurette un environnement naturel, doit être le fait de notre génération. De ce point de vue, regarder maintenant avec un œil curieux et équitable l’apport des années 60 – 70 peut être intéressant. Les tours et les barres sont un héritage, bon ou mauvais, de densité urbaine qui a le mérite d’exister. C’est un patrimoine à regarder en face, c’est un matériau pour la ville de demain.

Il va nous falloir des scénarii. Nous ne pouvons éternellement bricoler nos objets dans notre coin. Il faut allier à nouveau ville, transports, lieux, vie en commun, densité, architecture, culture et nature. Dépoussiérons les utopies des années 1960, faisons-en l’inventaire et la critique. Les idées, au même titre que le bâti de cette époque constituent notre patrimoine à partir duquel une modernité reste à inventer. L’idée de PARIS 1960 serait de procéder à un catalogue raisonné de la production architecturale et urbanistique de ces années, de tracer leur devenir actuel ou à venir. Un plan sera élaboré sous peu. Appel à contributions !

Jean-Philippe Doré


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 19:08

Souvent j’ai erré

Ici, glissant le long des parois rêches

Ne sachant où aller

Me dire que je ne suis pas perdu

Le long de la voie ferrée

Je m’accroche aux massifs

Au loin les toits papiers pliés

Pourquoi être descendu là

Cette putain envie de changer

J’abandonne tout choix

Sur le quai enfin remonté

Eragny je te hais, falaise abrupte

J’ai cru crever dans tes allées

Janus Cresus


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 19:05

1

Etre pragmatique veut dire aborder les espaces de vie sans aprioris. Nous voulons participer au débat contemporain sans donner de leçons mais en établissant des filiations avec des expériences  récentes et en proposant des solutions pertinentes. En ce sens, la pragmatique est à la fois une posture de la pensée et de l'action.

 

2

La pensée n'est pas un produit qui nécessite une marque pour exister au monde. Se faire connaître par un nom individuel ou collectif scandé comme un label est inefficace pour générer un débat fertile. Les réflexions que nous menons rassemblent ponctuellement des personnes issues d'agences, de collectivités territoriales, de laboratoires ou d'écoles. Ces combinaisons variables apportent des approches toujours différentes sur la vie en ville mais dont le point commun serait la pragmatique.

 

3

On peut penser que seules les global cities comptent ou que la Chine est le terrain d'expérimentation privilégié du moment. Mais quelle explication donner au fait que tant de territoires soient dans l'ombre quand quelques uns sont dans la lumière. Nous nous plaisons à interroger des territoires oubliés et pourtant proches.

 

4

La pensée totalement détachée de l'action pêche par absence de prolongement et l'action manque aujourd'hui de réflexion ; mais pourvu qu'elle soit esthétique tout lui sera pardonné. N'y a t-il pas de place pour une pensée réellement agissante ? Nous essayons comme beaucoup de réactiver la relation entre la pensée et l'action. La réponse est ici de réaliser des prospections, sorte de recherches-actions, ou la réflexion se double d'un complément opératoire.

 

5

On ne peut plus réfléchir seul au problèmes de la ville tant le droit et la finance s'insinuent en tout point dans le débat. Trouver des solutions sans permettre leur mise en œuvre est décevant et non opératoire. La transdisciplinarité a montré ses limites dans ce genre de mélange. En remplacement, nous proposons une interdisciplinarité. En proposant une plateforme de rencontre physique entre personnes venant d'horizons différents nous espérons aller dans le bon sens.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 19:03

Sur scène, le vieux chanteur au pantalon en cuir mime des pas de salsa. Sous les majestueux jeux de lumière, trois à quatre mille spectateurs ondulent dans la salle. Soudain l'obcurité se fait et des centaines de lueurs apparaissent dans le public. Les écrans lumineux des téléphones portables enregistrant de courtes séquences vidéo ont remplacés les flammes des briquets.

 

Certains de ces petits films se retrouveront en partage sur Internet via U-tube ou Daily Motion. Sinon, on partagera l'émotion entre amis autour du minuscule écran.

 

Ces lueurs de l'esprit, intimes et communicatives, sont symboliques de notre époque

 

Jean Richer


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 22 mars 2008 6 22 /03 /Mars /2008 17:38


Mexico City s'étend à l'infini.

Stéphanie Barbon


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 18:04













Souvent la lumière est trop puissante, à la manière de celle des laveries automatiques. Une série de néons blafards éclaire la rue depuis l’intérieur. Au-dessus, les lettres de l’enseigne sont vernis, le rouge «
 laque de chine » est de mise. « Palais de jade », « la cascade » « Délice impérial » : Je pousse la porte, le carillon métallique se met en mouvement, ses notes acides remplissent alors l’espace. Le client est souvent seul dans un premier temps, puis, du fond de la boutique apparaissent deux personnes. Des femmes, une mère et sa fille, des cousines peut-être. L’organisation est toujours la même : un comptoir de verre sépare le client de ses hôtes. Au bout de ce meuble une caisse enregistreuse, devant un cendrier avec une vue nocturne de Hong-Kong recevra la monnaie. A l’arrière une série d’étagères et de miroirs fait valoir le choix possible de boissons. Le tout est stratifié, brillant, improbable : une variation sur le thème de la « ronce de noyer », de la « loupe d’orme ». Les plats sont là rangés dans des plateaux de plastique blanc tous identiques, l’organisation est méthodique. Une série d’étiquettes alignées sur des pics fait naître un jardin d’adjectifs.

 

« Le porc est caramélisé, le carnard laqué, le bœuf sauté, le poulet croustillant, les crevettes piquantes ».

 

Ma jeune interlocutrice me sourit, elle semble être victime à la fois de la mode européenne et de la « manga’s touch » des adolescentes d’Asie. Sa mère toute en retenue l’observe, choc des générations, barrière de la langue. A la radio une diva chinoise reprend en mandarin des standards de la pop américaine, un autre membre de la famille entre et s’installe sur une des tables, il observe son portable. L’organisation spatiale est sans génie, on devine un espace économiquement optimisé. Le rythme est régulier, pour une table deux chaises. Le long des murs, sur ces mêmes tables, des sauces, camaïeux de couleur allant du rouge au noir, du sucré au salé….

 

La porte s’ouvre, le carillon tinte à nouveau, retour à la réalité :

 

« A consommer sur place, s’il vous plaît, un menu à 5,90 " 

deux bouchées vapeur, un plat au choix (hors st jacques) un riz cantonnais, du nougat » la sauce sera offerte…

 

Morceaux d’Asie digérés par Paris, symboles d’une intégration par le travail, par la réussite.

Consommateurs en quête d’ailleurs et de prix maîtrisés.

 

 

Stéphan Legois


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés