Lundi 3 mars 2008 1 03 /03 /2008 08:51

BPM

« beat per minute » : Unité de mesure urbaine et humaine

IN / Les couloirs, le bruit des pas, l’accélération des informations, des images, les sigles partout autour… changement de direction, ligne 5, escalier, plus fort le son = encore plus mécanique la démarche.

Sur quel BPM sommes-nous donc branchés?  Réciprocité du battement, la ville recevant le mien (80) moi recevant le sien (120). Battement par mètre, pas par minute…

 

OUT / Démarrage, plein gaz, accélération, se sortir du flux, cette ville comme un fleuve, comme une matière, tantôt molle, tantôt nerveuse et sèche. Prise d’informations, analyse, anticipation, freinage… feu intérieur : rage, feu tricolore : rouge… stop !

 

IN / Mouvement cardiaque, cœur du réacteur, musique interne, quelque chose (se) bat pour moi, dedans. Eternelle pendule, certifiée d’origine, un mouvement automatique, un down tempo pour les spécialistes, mon adagio… combien de temps encore ?

 

OUT / Le cœur des autres, leur propre rythme personnalisé, un peu plus, un peu moins, l’harmonie parfois.

Combien tu en veux ? Combien tu en as ? La grande accélération ? 130 ? 150 ? la trance ? le hardcore ? ou alors le « chill out » complet 60 ? 50 ? Une partition commune, chacun y trouve son BEAT, faisant de nous de fines membranes sensibles, que la ville, que l’espace, que les autres mettent en mouvement. Les nappes successives se jouxtent, s’additionnent, tous ses battements « boum boum boum », tous ces 0/1, c’est le mix interplanétaire : PLAY IT LOUD !

  

Stéphan LEGOIS

Lundi 3 mars 2008 1 03 /03 /2008 08:45
villefluctuante-1.JPG villefluctuante-2.JPG

Aurélie ECKENSCHWILLER
 
Voir
http://www.aurelieeck.com/
Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 10:07
Retrouvé les photos faites depuis le Dodge en route, en 1996. Au premier plan on voit le tableau de bord avec la petite figurine Mattel de Spider-man. Que s’est-il passé depuis ? Beaucoup de choses pour moi, et le monde ? 

Envie de développer un peu sur ce spider-man : 

-         les réseaux, l’intrication toujours plus grande entre les humains avec les nouvelles technologies de communication. Convergence, et tissage toujours plus serré de la toile numérique, des fils invisibles qui nous asservissent aux autres, qui nous « hétéronomisent » toujours plus avant. Spider-men dérisoires, nous glissons inconscients dans une prétendue liberté quand en vérité nous resserrons nos liens.
-         Spider, super-héros américain fabriqué en Chine, retournement de valeurs ? 2007, aussi l’année du voyage à Shangaï. Après l’enthousiasme immédiat, bien retombé depuis. Disons que comme d’autres j’ai vu le diable, notre diable d’européens, et que depuis je ne brûle plus d’y retourner…
-         Les figurines géantes, agrandies de Xavier Veilhan à la cité Internationale de Lyon : un livreur de pizza, un businessman à mallette, une jeune fille en roller, un pingouin.
 
Jean-Philippe DORE
Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 10:07

CB

Le samedi, donc, nous consommons. C’est comme ça, c’est notre ordre, c’est notre temps. Peut-être qu’en d’autres temps nous serions descendus à la palestre pour nous exercer, ou sur quelque agora pour parler de la chose publique. Non, nous, c’est la Carte Bleue, c’est la consommation compulsive jamais assouvie, c’est l’éternel quête du désir, du neuf, du beau dans une société de l’obsolescence.

 
Jean-Philippe DORE
Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 10:06

L’objet commandé sur Internet arrive en vingt-quatre heures de Hollande. « Ship to Mr Dore from Apple Online Store ». Merveilleuse et sidérante économie. Je regarde la chose lovée dans des perversions infinies de packaging. C’est beau. Objet fatal, parfait, ciselé et qui en même temps se fond dans cet écran voluptueux, cette dématérialisation presque érotique à force de plaisir.

 
Jean-Philippe DORE
Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 10:05

SMS

 

 TGV. Soleil. Automne. Plaisir d’être là un peu perclus par le « brandy » thaïlandais de la veille. Onze heures du matin. C’est l’heure du SMS d’Aurélie depuis San Francisco. Elle se couche après une party. Avec un peu d’imagination je pourrais revoir le Golden Gate et la brume les rues en pente et la succession des maisons en bois à bow-window. Alors, voilà : envoyer un message électronique à une jeune amante depuis le train, en marche inverse dans la campagne ensoleillée et brumeuse. Sentir tous ces liens mystérieux qui me lient à elle et au monde, sentir tous ces fils infiniment flexibles et invisibles qui me lient pourtant si solidement à l’Autre. Bonheur, oui, d’être en vie dans ce monde-là.
 
Jean-Philippe DORE
Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 10:04

Terminus Nord, grande brasserie aux miroirs. Content d’être là avec Jean qui vient me voir de Fontenay. Après avoir sérieusement travaillé à l’agence nous dînons d’un chateaubriand et d’une bouteille de côtes du rhône. Roborative discussion. Bien plus que son sujet ce qui compte c’est le plaisir de se retrouver et d’éprouver une fois de plus que nous sommes pareils : toujours prêts à recommencer quelque chose, jamais si véritablement heureux qu’en projet, en évolution, en questionnement. La conversation achoppe sur le napperon sous la tasse de café. Il est en papier, disposé entre deux soucoupes blanches empilées, de deux diamètres différents. C’est un rien pompeux mais va avec le décorum de la grande brasserie. Pour un peu on se croirait dans une scène de film de Claude Sautet, à humer l’épaisse empathie humaine et des fumées de cigarette des années soixante-dix. Enfin, au Terminus, un peu d’ostentation oblige. Le napperon est en papier mais pourquoi diable essaye-t-il d’imiter un napperon brodé. Et aussi, pourquoi un napperon ? Est-ce une citation, une métaphore, une dégénérescence, une raison économique, est-ce nécessaire, est-ce suffisant ? Conversation passionnée. La deuxième bouteille arrive toute seule sur la table.

 
Jean-Philippe DORE


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