Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 22:31

La résidence, je ne sais pas. Personnellement après les premiers enthousiasmes des nouveaux appartements je me suis aperçu que je devenais rapidement assez indifférent à l'endroit où j'habitais. Habiter longtemps de suite dans le physique, le matériel, cela demande un effort soutenu. D'abord, comme dit Proust, l'habitude efface tout. Ensuite on habite par nature ses affects, soucis, ruminations et autres, on habite ses humeurs et nullement le monde réel ou alors par intermittence.

 

Alors voilà mon postulat: nous n'habitons nullement le monde réel. Nous nous fabriquons un monde où tout nous est intentionnel, dédié. Tout nous est message, signification, renvoi, reflet. Ultimement nous habitons notre propre âme.

 

Nos paysages assez minables, ils sont à chaque fois "à côté": à côté de l'autoroute, de la ville, à côté du nom qui permettrait d'en faire quelque chose. Ils ne nous sont rien, nous n'avons rien pour les saisir. C'est ce que j'ai appelé: l'envers du paysage, l'envers de la vaste toile fantasmatique que nous appelons ville, civilisation, sens.

 

Après quelques efforts, pourtant, des bribes de significations surgissent, le feu du langage peut reprendre, cela peut reprendre... au prix de nouvelles fantasmagories.

 

Les astronomes arabes du moyen-âge, scrutant le ciel noir, voient des figures. Ils les voient réellement, elles sont là.

 

La moindre chimère nous est plus familière que la réalité. La réalité, nous n'avons rien pour la saisir, biologiquement. Nous n'avons ni membres, ni yeux, ni outils: elle nous échappe comme du sable.

JPD

Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 17:21
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /2010 15:48

Nous subissons tous le bombardement du quotidien - lecture des quotidiens, publicités, informations, discussions, liens sur les réseaux sociaux, rencontres et que sais-je encore – or, je suis persuadé que cette vie est étrangement nouvelle, ou plutôt qu'elle correspond à l'accélération du quotidien et à l'instantanéité de notre civilisation. Il faudrait peut-être se replonger dans Instant City des futuristes anglais pour comprendre ce qui nous arrive.

En questionnant la résidentialité qui nous fait choisir un lieu plutôt qu'un autre comme résidence, je crois que nous interrogeons la notion de sédentarité et celle de terroir, d'attachement au lieu, car aujourd'hui ces notions sont peut-être en voie de dépassement malgré leur caractère millénaire. Par la simultanéité, et au-delà des techniques qui ne sont que des révélatrices de faits sociaux, nous sommes peut-être entrés dans la civilisation de l’instant tout en comprenant qu’il est inhabitable.

Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 17:01


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Paysage construit.
Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /2010 18:29
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Soudain les lions surgirent dans la savane urbaine.
Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 19:04

Feu

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Tout bâtiment a un début et une fin, fut-elle tragique. Dans l'exploration d'un cycle de vie, ne jamais oublier la possibilité d'un drame.
Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 14:29

Pas de maison sans sa cuisine intégré. Alors qu’on cuisine de moins en moins, les publicités dans les revues débordent de cuisines clinquantes et high-tech. D’un budget non négligeable pour un ménage (puisque le prix moyen doit varier entre 6.000 et 10.000€ électroménager inclus), la cuisine représente à n’en pas douter le point de parachèvement familiale, l’image lointaine du foyer d’autrefois.

Elle focalise aussi le vieil idéal hygiéniste en présentant des surfaces lisses et lavables, où tout est rangé parfaitement – modèle d’ordre domestique par excellence – et où l’action de cuisiner fait même désordre. Les maîtres de maison n’auront qu’une seule idée suite à cette acquisition : maintenir le tout rangé.

Beaucoup de fabriquant propose d’innombrable variation à partir d’un matériau unique : la peau stratifié recouvrant une plaque d’aggloméré. Pour faire simple, des copeaux de bois agglomérés recouverts de carton comprimé. On est loin de l’objet étincellent qui fait rêver les ménagères. IKEA a compris le gisement en offrant la possibilité de concevoir sa propre cuisine à partir de caisses si simples qu’elles paraissent prosaïques. Le rêve clé en main.


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