Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 23:01

6H30, s’extirper du lit, avaler un thé en lisant vaguement le journal. 7H30, réveiller, amener les enfants chez la nourrisse. 8H00, premier rendez-vous avec une équipe de gestion urbaine de proximité. 8H45, rencontre d’un riverain mécontent, modification d’un aménagement en cours, l’entreprise renâcle, la journée commence mal. Le téléphone portable commence une danse qu’il n’arrêtera plus maintenant en vibrant régulièrement au fond de ma poche.

 

9H30, arriver au bureau, dire bonjour, motiver les troupes, recueillir les messages urgents et donner des directives. Ouvrir ma messagerie puis la refermer effrayer par le nombre de messages à lire, pourquoi tant de gens écrivent la nuit ? 10H00, réunion de direction, le temps en calme. 11H00, rencontre avec un élu local, là c’est long et fastidieux. 12H30, s’assoir, commander, manger. Un SMS m'apprend le cancer d'un ami. 13H30, se pencher sur le prochain concours, travail entrecoupé d’appels téléphoniques et des questions des collaborateurs. Je n'y arrive pas, ce sera pour dimanche.

 

15H45, appel de mon ex-femme qui veut encore changer les dates de garde. 16H00, préparation de la réunion du soir. 17H00, point avec ma secrétaire. Les appels diminuent mais vient le temps de traiter les urgences du jour. Déposer sur le bureau les trois ou quatre dossiers brulants, rédiger à toute vitesse les notes nécessaires. 18H30, ouvrir enfin la messagerie tout en écoutant les messages laissés toute la journée sur mon téléphone portable. 3 appels de la banque. Accorder un minimum d’attention aux soixante messages restants après épuration des publicités et des copies. Répondre, imprimer, classer. 19H30, sauter dans la voiture. 20H00, la réunion publique commence, l’assemblée s’échauffe. Expliquer, argumenter. 22H30, débriefing avec les élus, le projet avance.

 

23H00, se gaver de barres chocolatées en conduisant la voiture. Les enfants dorment depuis longtemps. Rentrer sans faire de bruit. Ecrire cet article qui aurait du être rendu il y a trois semaines. Boire un verre. chercher le sommeil. Sentir le néant.


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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 22:59

duMs Issy 2

 

duMs Issy 1


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Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 16:11

duMs VAN LIESHOUT

Nantes, Atelier Van Lieshout pour Estuaire 2008

 

La production de l’espace urbain, et de son identité, s’appuie de plus en plus sur l’art contemporain. Des biennales d’art in situ aux projets d’aménagement intégrant des œuvres pérennes, on observe un entichement certain de l’urbanisme pour l’art d’aujourd’hui. La biennale de l’Estuaire tente de faire émerger l’image de la métropole Nantes Saint-Nazaire tandis que le tramway de Nice s’est accompagné d’intervention artistique et que les rives de la Saône verront bientôt leur réaménagement sous la houlette d’une direction artistique très impliquée. Il est intéressant de s’interroger sur ces retrouvailles entre aménageurs et artistes.

 

La composition urbaine ne fut pas toujours disjointe du domaine de l’art. Cela renvoie à la distinction professionnelle du concepteur. Lorsqu’en 1538 Michel-Ange commença le réaménagement de la place du Capitole, c’est à partir d’une sculpture qu’il ordonnance la place et ses façades périphériques. Point de distinction à la Renaissance entre artiste, architecte et urbaniste.  L’architecture et l’urbanisme classique puis néo-classique perdurèrent le mariage en affectant pourtant une place précise à chacun. Résurgence de la fusion aménageurs - artistes avec le Bauhaus puis extinction du principe dans un modernisme standardisé où chaque échelle appartient à un champ disciplinaire.

 

En février fut présenter à Lyon du réaménagement de 25 km de berges de la Saône où plasticiens et paysagistes ont travaillé en amont pour former une “communauté de pensée” capable d’habiter cette promenade continue.  ce n’est pas sans rappeler l’esprit du projet de monument dispersé dans la métropole nantaise où des interventions in situ viennent interrogées un territoire en devenir.  Un doute persiste en moi. A écouter Jean Blaise s’expliquer lors du “Grand prix de l’urbanisme”, l’art contemporain se doit d’être pour le plus grand nombre, ludique et promoteur d’une culture de l’envie et du désir. Si nous considérons que l’urbanisme stimule le “vivre ensemble” cher à l’objectif de cohésion sociale du développement durable, nous devons reconsidérer l’art contemporain.

 

Comme expression d’un état de la société, les créations d’art contemporain s’inscrivent naturellement dans la sphère publique. Mais leur passage dans l’espace public de la déambulation et de la détente pourrait venir à ternir la portée de l’oeuvre en valorisant son caractère décoratif ou ludique au détriment de son message. Le risque se situe bien entendu dans la perte de sens. Ces projets m’apparaissent parfois comme l’illusion d’un travail collectif où paysagistes et artistes travailleraient main dans la main, croyant manipuler l’ontologie du projet alors qu’ils sont projetés dans le spectaculaire du projet urbain.

 

Autant l’urbanisme se doit d’entretenir une culture du compromis (dont nous faisons notre éthique), pour harmoniser la multitude des usages et des temporalités, autant l’art contemporain recèle d’une vérité qui n’est pas soluble directement dans l’espace du quotidien. Entendons nous bien: l’oeuvre a toute sa place sortie du musée, et in situ, mais accompagnée d’une médiation d’un autre ordre qu’explicatif.  Le syndrome “sculpture sur rond-point” pourrait bien vite se transformer en “promenade décorée” par un phénomène de mode. Le sujet est délicat puisqu’une attitude dogmatique aboutirait à interdire les productions contemporaines dans l’espace public. Gardons à l’esprit que l’oeuvre nécessite un espace privilégié d’apparition.


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Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 14:52

“Se pose un problème analytique crutial : comment lire l’espace différentiel contemporain en échappant aux polarisations de la concurrence. La première solution est de lire l’espace différentiel à partir des différentes relations (Elias) et des différentes formes d’échanges urbains (Simmel). Ainsi s’élabore une définition expressive de l’urbain en terme d’action communicationnelle plus que de sociabilité.” 

in La sociabilisation urbaine de Verpraet, 1994

 

“Il reste que toute production littéraire s'inscrivant dans un espace différentiel, elle ne peut pas ne pas signifier, et traduit donc une « prise de position », au sens strict.” 

in Ateliers de théorie littéraire de Debaene, 2010

 

“Nous avons dit que, pour trouver le centre des masses d’un corps uniformément dense, comme est, dans le cas actuel le fluide que déplace le vaisseau, il faut multiplier l’espace différentiel compris entre deux plans parallèles au plan primitif, par la distance perpendiculaire de ce dernier plan à l’espace différentiel, intégrer ce produit, et diviser ensuite l’intégrale trouvée par l’espace total qu’occupe le corps dans le fluide ; le quotient exprimera alors la distance perpendiculaire du plan primitif au centre des masses, ou du volume.” 

in Théorie du navire par le Marqui de Poterat, 1826

 

“Il y a donc des contenus particuliers qui doivent devenir le signifiant d’une plénitude communautaire, par des chaînes d’équivalences et des relations hégémoniques, mais cette plénitude communautaire reste et doit rester ainsi essentiellement absente. La communauté ne pouvant donc équivaloir au pur espace différentiel d’une identité objective, mais seulement à une plénitude toujours absente, elle emprunte sans cesse sa propre forme de représentation à des entités particulières constituées au sein de l’espace d’équivalence ; ou encore elle vide un signifiant particulier de son signifié particulier et différentiel. “

in Fragmentation des luttes et universalité hégémonique de Nerns, 2000

 

“C'est dans le cadre d'une urbanisation totale à terme, que le socio-philosophe propose un "programme de recherches" sur la ville. Il articule sa pensée autour de quatre concepts de l'espace :

- l'espace absolu, qui est essentiellement naturel jusqu'à ce qu'il soit colonisé, il devient alors relativisé et historique ;

- l'espace abstrait associé à l'espace d'accumulation dans lesquels les processus de production et de reproduction sont scindés ;

- l'espace contradictoire où la transmutation de l'ancien espace et l'apparition du nouvel espace se réalisent en réponse aux contradictions inhérentes à l'espace abstrait ;

 - l'espace différentiel, mosaïque qui en résulte, constitué de lieux différents. (Jean-Marc STEBE et Hervé MARCHAL).” 

 in Urbanisation - Sociologies françaises, Perspectives marxistes de GIL, 2011

 

“Cette cité en réseau imaginaire est un espace différentiel où la politique est possible et le conflit inévitable ; elle est aussi une dimension de l’expérience et une métaphore de la politique. De là l’importance d’étudier les principales répercussions sur les grandes villes multiculturelles de cette capacité qu’a le réseau d’éliminer un facteur de lisibilité sociale. “ 

in La virtualisation et les villes-mondes multiculturelles de Betancourth, 1995

 

“L'homme se situe désormais et, au même moment, à plusieurs échelles et dans des ensembles spatiaux différents : il appartient à un village, à une région agricole bien déterminée, à un gouvernorat donné, il travaille dans une usine dont le siège se trouve à Lyon et dont le fonctionnement se situe à l'échelle internationale...      

Savoir lire cet espace différentiel et différencié est  une nécessité non pas au géographe mais au citoyen ordinaire. On est toujours situé dans un lieu appartenant à plusieurs ensembles spatiaux, la théorie des ensembles et des ensembles flous est indispensable pour suppléer aux limites fixes et nettes...” 

in Idéologie et géographie

 

“Pour commercer à saisir les enjeux les plus importants de cette recherche, on peut dire qu’elle a pour sujet la production de l’espace au sens d’Henri Lefebvre. C’est-à-dire la production d’un milieu existentiel vécu et façonné par ses habitants, un espace vital ouvert aux devenirs les plus inattendus, et, en même temps, intérieurement contradictoire de par sa multiplicité même — surtout quand il est soumis à des régimes de transparence et de totalisation, aussi illusoires qu’oppressifs. Au-delà des abstractions du contrôle, c’est cette dimension qualitative (corporelle, sensuelle, ludique) que Lefebvre appelle l’espace différentiel” 

in Géographie différentielle de Holmes, 2007


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Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 21:52

iPhone city duMs

 

La ville, comme support matériel de nos vies, a définitivement pris le chemin du numérique. Sur les terminaux mobiles, nous obtenons l’information nécessaire à nos appétits d’urbanité. Le développement des applications s’appuyant sur la géo-localisation a entraîné une territorialisation d’une grande partie des flux immatériels tandis que le système « many to many » produits un nouveau type de relation via les réseaux sociaux.

Les fonctions traditionnelles de la ville que sont l’unité de lieu et l’identité se voient balayées par un mixage spatio-temporel où chacun reconfigure son territoire de vie, tel une ville à soi, à partir des multiples relations numériques qui le relient au monde réel. Les repères urbains que sont les monuments sont peu à peu remplacés par une monumentalité numérique émergente. Les nouveaux architectes seront des programmateurs capables de structurer nos actions quotidiennes dans des applications communes.

L’iPhone est certainement le prototype de la ville de demain. Non pas une ville apocryphe mais bien une visibilité dominante reconfigurant littéralement l’espace. L’invention de la réalité augmentée, qui demain deviendra une réalité individualisée, n’explique pas autre-chose : l’espace n’est pas mort car la révolution en cours se situe dans sa perception.

S’il fallait faire un peu de science fiction, il y a fort à parier que la ville du futur sera constituée d’une structure froide sur laquelle chacun de nous projettera ses propres attentes grâce à un mapping simultané.  Je déambulerai dans un quartier ultra-design tandis que mon voisin de trottoir percevra, selon son plaisir, une architecture néo-gothique.  Chacun configurera pour lui-même une ville providentielle et les services se combineront dans cet environnement virtuel de telle manière que nos projections trouveront à chaque instant une issue dans laquelle une action physique sera possible. Monde urbain personnalisé, mais en aucun cas personnel, ces configurations seront produites et vendues par des grandes marques et l’environnement qui en découlera sera savamment conçu pour orienter nos pratiques de consommation. Nous vivrons dans une ville aux contours flottants.

Cette ville existe déjà sous forme fragmentaire. La scénarisation de narrations spatialisées a été expérimentée dans les parcs d’attraction avant d’être introduite dans les centres commerciaux de dernière génération. La réalité augmentée trouve des applications consuméristes avec les publicités envoyées sur les téléphones des consommateurs asiatiques sur les lieux de leurs emplettes. Ne manque que l’intégration de ces applications diffuses au sein d’environnements globaux.

Il faut remarquer dans ce système l’absence du politique remplacé par l’opinion dont le flux ininterrompu du micro-blogging forme le bruit de fond. Plus qu’une nouvelle ville, c’est une nouvelle société qui nous presse de toute part ressuscitant les utopies de la seconde moitié du 20e siècle : la ville à l’espace ininterrompu et le triomphe du capitalisme au détriment de nos vieilles organisations politiques.


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Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 19:36

dums Rohrschach city


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