u/ Villes et territoires

Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /Sep /2008 17:32

Il est probable que les beaux jours soient derrière nous. La croissance dont on doutait depuis quelques temps nous fait maintenant faux-bond. Le financement des opérations d’aménagement sera certainement de plus en plus aléatoire. Hormis les projets phares des villes ou portés par de vigoureuses entreprises, il est à craindre qu’il faudra bientôt nettement réviser nos ambitions en matière de dépenses.

Déjà si on ouvre les yeux sur l’ensemble du territoire européen, et c’est encore plus vrai à l’échelle mondiale, les disparités entre les territoires sont flagrantes. Ce qui est possible dans une métropole ne l’est déjà plus depuis longtemps dans une région reculé. Faut-il croire que les besoins sont différends et que la densité de population change les aspirations ? L’esquive de cette prétention dévoile une réalité crue : déjà dans de nombreuses régions du monde, nous n’avons plus (et les avons-nous déjà eu ?) les moyens de nos ambitions. Pourtant, le niveau d’exigence de l’architecture et de l’urbanisme actuel ne se satisfont pas facilement d’un manque de moyen. Nos bâtiments sont toujours très énergétivores pendant que les produits pétroliers inondent nos rues à différents degré de raffinement.

Nous sommes restés sur une logique de croissance continue telle qu’elle fut théorisée par le mouvement moderne. Il faut désormais être aveugle pour croire que ce modèle tient toujours. Pouvons nous laissé des ans entier de territoire en sous-développement ? Le manque de moyen ne doit pas empêcher l’éthique et l’aménagement peut prendre d’autres formes que celui sous-tendu  par un investissement financier majeur.

Si nous nous détournons de la matérialité pour nous en tenir à l’observation des usages, c'est-à-dire de l’utilisation par les individus de l’espace dans le temps, les données du problème changent alors. Il importe dans nos vies que le cadre qui les accueille soit suffisamment protecteur et ouvert pour leur permettre une expression libre et stimulée. La source de cette stimulation se trouve dans les symboles qui peuplent notre environnement et qui entretiennent l’imaginaire collectif. Comment maintenant générer ces moyens sans un investissement important ? C’est au prix de ce raisonnement que nous trouverons collectivement un moyen de sortir de la crise actuelle.

La réflexion peut commencée sur des notions simples. Il convient par exemple de rationaliser l’agenda des équipements. Aujourd’hui par manque de gestion, trop souvent les équipements sont mono-fonctionnels et sous-occupés. Il en résulte naturellement des frais d’investissement et de fonctionnement surprenant par rapport à leur utilisation réelle. Cela n’est qu’une question d’agenda et de gouvernance. Comment met-on d’accord tout les utilisateurs pour répartir au mieux le temps d’utilisation ? La concertation apparaît comme l’outil le plus simple.

Dans la même veine, nous pouvons rapprocher des fonctions apparemment éloignées et trouver dans leur rapprochement des économies de moyens. Les projets intergénérationnel peinent à se développer alors qu’ils sont le ferment d’une nouvelle solidarité. Regrouper une crèche et un foyer pour personnes âgées pourrait permettre des rencontres et pourquoi pas une interpénétration des fonctions. Par l’association nous avons la possibilité de décupler les résultats d’un investissement et à resserrer autour d’un seul complexe les coûts de fonctionnement. Certains dispositifs techniques tels que les chaufferies bois nécessitent un seuil de rentabilité. L’association des fonctions peut y conduire.

On comprend bien à partir de là que la doctrine moderniste de la table rase n’est plus de mise et qu’il nous faut impérativement reconsidérer l’existant. L’effort du diagnostic qui consiste à bien prendre en compte les possibilités données par le présent n’est pas suffisamment poussé et nous continuons toujours selon la stratégie du mille-feuille : ajouter une couche est plus facile que de reconsidérer les couches déjà présentes. Agissons comme des gestionnaires du patrimoine existant en redonnant leur chance aux expériences passées. Une réactualisation des formes anciennes suffit parfois là où nous rebâtissons une nouvelle forme. Il en va du respect de nos propres actions : comment voulons nous attirer le respect sur nos créations lorsque nous même ne regardons le passé que dans une posture contrite d’adoration sans recul.

De même il convient dès aujourd’hui de penser le futur. Nous admirons la flexibilité d’un bâtiment industriel du 19ème siècle capable de s’adapter à un nouveau programme aujourd’hui sans être capable d’en tirer une leçon. Offrons nous les moyens de prévoir l’avenir en créant des formes ouvertes à des adaptations inconnues de nous. Trop souvent nos bâtiments sont sourds à toutes autre utilisation que leur destination initiale. Nous concevons des processus technologiques utiles à des taches complexes, nous devrions donc être capable de résoudre ce simple problème.

Pensons à la durée des choses et investissons au plus juste les moyens nécessaires. Avant de solidifier un projet complexe dans une durée longue, ne serait-il pas utile de le tester ? Pour cela nous pouvons avoir recours à une structure provisoire dont le surcoût sera sans nul doute compensé par l’absence de restructuration à courte échéance du projet définitif. Nous avons dorénavant le devoir d’essayer nos actions et de les confronter à la réalité et aux usagers des lieux. Trop souvent un programme s’effectue aux détriments de ses futurs usagers en s’enveloppant de la bonne conscience de faire bien pour les autres. Il ne faut pas croire à l’altruisme dans notre société. A cela, il est préférable d’envisager la confrontation directe des faits.

Pourquoi ne pas expérimenter une nouvelle rue piétonne, un nouveau pont, et pourquoi pas une nouvelle ligne de tramway en mettant en place un système spécifique de bus ? Nous avons aujourd’hui, plus qu’hier, le devoir d’investir au plus juste pour un résultat maximum. Combien d’aménagements lourds peuvent être remplacés délicatement par des aménagements plus légers et modifiables à souhait ? soyons souples et pensons le temps plus que l’espace.

Mardi 8 juillet 2008 2 08 /07 /Juil /2008 12:13

Dans l’enfance, la frontière apparait clairement comme la délimitation entre deux couleurs sur une carte géographique. Ensuite vient l’expérience du franchissement de cette ligne immatérielle que seul le poste frontière localise ; Etrangement le passage de la douane semble toujours inquiétant et produit dans les véhicules une certaine anxiété, une culpabilité de la fraude potentielle, peut-être aussi le plaisir d’un jeu spéculatif, voir illégal. Enfant, on vit aussi dans le mythe de la fouille intégrale du véhicule : qu’est ce que cela veut bien vouloir dire que de se faire dépouiller de l’intimité familiale, de voir l’ensemble des bagages et des paquets répartis sur la chaussée et la voiture démontée en de multiples éléments proche du mobilier.

 

Il y a donc cette frontière très abstraite et cette expérience physique. Si les accords de Schengen ont passablement amollis la question des frontières européennes, il suffit de voyager pour retrouver des hommes en uniforme, le doigt sur la gâchette de leur fusil d’assaut, prêt coûte que coûte à faire respecter leur intégrité territoriale.

 

L’Amérique du nord nous a aussi transmis l’esprit de frontière comme une mentalité de conquête, un esprit pionnier, une vie fantasmée proche du western. A jamais l’esprit de frontière sera associé aux bottes de cowboy, aux cavalcades et aux coups de révolvers provoquant des rictus insensés sur le visage buriné des protagonistes. L’esprit pionnier s’arrange bien de la notion de frontière puisque celle-ci n’est pas un horizon indépassable. La la frontière renvoie à la transgression des limites et à la codification  du passage du seuil. Etrangement, l’esprit de frontière appelle à la liberté, celle du franchissement, mais aussi avant cela, celle de l’audace qui consiste à oser vouloir franchir.

 

Quant on parle de frontière il faut aussi citer les villes frontières. Parmi elles, Berlin est certainement la plus mythique puisqu’elle fut séparée par un mur et un no man’s land de mines antipersonnelles.  Ville duale, ville unique et momentanément bicéphale qui a termine aujourd’hui  la couture de sa réunification. A côté des villes frontières il y a les villes frontalières dont le rôle historique, militaire et commercial les a souvent rendus riches. Dans ces villes il règne une ambiance portuaire, celle d’un ailleurs à porté de main et pourtant peu accessible.

Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /Juil /2008 17:33

Deux exemples pris dans le monde animal. Tout d'abord les traces laissées par des escargots sur un mur de pierre. Ensuite le sillage d'oiseaux aquatiques dans des algues invasives.

ces traces forment des réseaux qui ressemblent aux plans de villes et villages.

Doit-on considérer que c'est le mouvement qui fige la forme de la ville ?

Vendredi 20 juin 2008 5 20 /06 /Juin /2008 16:46

Stéphan Legois

Vendredi 20 juin 2008 5 20 /06 /Juin /2008 16:22

Migrer, changer de pays, partir travailler à l’étranger. C’est bien, c’est l’aventure.

 

J’ai débarqué la première fois un mois d’août brulant de 2003. Dans une très jolie ville étudiante, vivante, internationale. Trois autres villes plus tard, je finis dans une autre, en forme d’éventail.

Elle se trouve au pays de la bière bonne et pas chère,

des sauces salades indigestes,

de la saucisse (je vous déconseille d’avoir plus de 2 pattes, vous seriez automatiquement transformé en plus-de-2-pattes-Wurst),

des chaussettes portées élégamment sous les Birkenstock pour flâner en ville,

des mots qui peuvent avoir des dizaines et des dizaines de lettres,

des mots qui peuvent avoir 10 consonnes pour 2 voyelles,

des vêtements pratiques (pratiques on vous dit !),

des dialectes tellement différents les uns des autres que les gens du nord au sud ne se comprennent pas,

des gens gentils (très gentils, trop gentils),

de la bouffe Bio,

des médicaments naturels à base de plantes et pas efficaces,

des femmes qui s’arrêtent de travailler dès qu’elles ont un enfant (quelle honte de recommencer à travailler… nan mais franchement),

des skin sympas,

des 14 millions de poubelles différentes dans les maisons,

des 14 millions de poubelles différentes dans les gares,

des 14 millions de poubelles différentes dans les bureaux,

mais d’une seule filière de déchets (hein ?),

des d’jeuns branchés dans les rues tous les après-midi parce qu’ils ont plus école à partir de 13h,

des coupes de cheveux affligeantes (la mode est à la coupe mulet en ce moment),

des bottes blanches,

des jeans blancs,

des ceintures roses à paillette,

des grands parcs avec plein d’arbres dans les villes (ça fait du bien de respirer),

du rythme de vie ‘à la cool’,

des cheucheucheu…

 

J’y comprends rien, ça fait 5 ans, mais j’y comprend toujours rien en fait. Partir vite avant de ne vraiment plus en vouloir.

Je rentre bientôt chez moi, ça fait du bien, je vais me calmer, c’est tellement doux comme sensation…

 

Sylvie Garabédian

Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 18:39

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