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En attendant la mer est une proposition de médiation culturelle des paysages littoraux sous l’effet du changement climatique. Elle désire interroger et sensibiliser un large public sur la notion de « grand littoral ». Ce projet est l’un des lauréats de l’appel à idées « Imaginez le littoral de demain » porté en 2016 par Ségolène Royal, Ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer.

Les paysages du changement climatique

Le 10 février 2010, l’événement Xynthia a durement frappé la façade atlantique. Après un demi-siècle de rémission climatique, cette tempête doit être considérée comme un signal faible de ce que pourrait être ce littoral dans l’avenir, tel qu’il pourrait être soumis à une transgression marine si les défenses côtières se révélaient insuffisantes. Xynthia n’est pas à proprement parler un effet du changement climatique mais ses conséquences nous ont données à voir le drame que pourrait occasionner l’élévation du niveau de la mer si rien n’était fait pour réduire la vulnérabilité de l’urbanisation littorale. Les zones touchées directement ont fait l’objet localement d’intenses débats et confrontation entre la population et les pouvoirs publics. Le changement des mentalités y est visible : la désurbanisation a laissé place à un changement d’aménités où le littoral n’est plus habité mais renaturation au bénéfice du plus grand nombre. À plus grande échelle, il s’agit maintenant d’adapter ce littoral très spécifique aux conséquences prévisibles des effets du changement climatique.

Nous pensons que le débat doit désormais prendre en compte un territoire plus vaste que la bande littorale pour engager des réflexions de recomposition spatiales plus pertinentes. Avant les projets, il faut commencer par une sensibilisation sur les conséquences littorales du changement climatique et le périmètre à prendre en compte. L’urbanisation du rivage, avec sa focalisation sur le front de mer, a entraîné une tension très importante sur quelques mètres d’épaisseur au point de faire de la défense côtière l’unique solution face aux assauts de la mer. Il est temps de déconstruire cet imaginaire balnéaire.

dessin des anciens rivages par Alain Barbon (2016)dessin des anciens rivages par Alain Barbon (2016)

dessin des anciens rivages par Alain Barbon (2016)

Les anciens rivages

En reprenant la portion de façade atlantique la plus touchée par Xynthia, nous remarquons les traces d’anciens rivages plus ou moins loin dans les terres, preuve de la mobilité historique du trait de côte. Il s’agit souvent d’îles où de rivages érodés mais aussi de falaises abruptes. Il n’en fallait pas plus pour y localiser notre proposition : révéler les anciens rivages par une médiation culturelle pour faire naître un débat sur l’épaisseur du littoral à prendre en compte dans la réflexion sur une recomposition territoriale.

Les paysages littoraux et de l’arrière-pays sont fortement anthropisés et les représentations que nous nous faisons d’eux sont d’ordre culturel. En prévision du déplacement important du trait de côte sous l’effet conjugué de l’érosion et de la montée du niveau de la mer - et plus généralement de la transformation des paysages sous les effets combinés du changement climatiques - il nous semble pertinent d’adopter une approche culturelle qui rapproche des considérations scientifiques de préoccupations sociales.

Falaise morte à Chaillé les MaraisFalaise morte à Chaillé les Marais

Falaise morte à Chaillé les Marais

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