dans le cadre du 10e cycle des Cours publics de l’École de Chaillot dont le thème est Patrimoines et territoire. Agir pour le climat au 21e siècle, la 10e session fut un appel à la médiation des paysages culturels dans l’adaptation littorale aux effets du changement climatique

jeudi 07 avril 2016
auditorium de la Cité de l’architecture et du patrimoine, 1 place du Trocadéro et du 11 novembre 75116 Paris

Une approche du littoral entre culture, paysage et climat

Qu’est-ce que le littoral et comment faut-il l’envisager sous les transformations du changement climatiques ? Pensons tout d’abord le trait de côte comme une limite fluctuante qui a beaucoup bougé et qui évoluera encore avec l’élévation du niveau de la mer. Pensons maintenant le littoral comme une épaisseur vécue, plus ou moins profonde selon la perception culturelle de nos pratiques. Nous obtenons à la fois un système géographique mobile et un paysage culturel mouvant. Dès lors, la culture devient une médiation pour mieux comprendre les effets du changement climatique et au-delà engager une adaptation territoriale.


L’adaptation aux effets du changement climatique est traitée actuellement de manière technique et considérée essentiellement selon la résistance aux risques (endiguement, dispositifs de mitigation…) Parallèlement, de nouvelles approches environnementalistes s’appliquent de manière très pertinente aux projets d’aménagement en important une ingénierie scientifique et écologique. Quelle place reste-t-il alors dans les projets pour une vision plus englobante qualifiée de culturelle ? Allant d’une vision picturaliste à l’idéal du jardin planétaire, cette approche très transversale souffre aujourd’hui d’un procès en légitimité. Pourtant, si la culture est considérée comme le quatrième pilier du développement durable, l’anticipation de l’évolution des risques à venir possède de fait une composante culturelle. Les effets des évolutions du climat auront des impacts notoires sur les paysages du fait des transitions urbaine, économique, agricole et naturelle. En réponse, une telle approche pourrait aider à concevoir l’avenir des territoires vulnérables en passant de l’adaptation technique (où chaque réponse technique correspond à un enjeu isolé) à l’invention par le projet d’une pensée intégratrice engageant un nouveau type de développement urbain résiliant.

Les paysages littoraux français

Le littoral français se compose pour sa partie naturelle de falaises, de dunes et de landes côtières, de plages, de forêts et zones boisées côtières, d’estuaires, de marais… Mais à bien y regarder, il est surtout caractérisé par des zones urbaines résidentielles, artisanales et portuaires, ainsi qu’un réseau routier dense. Les sols cultivés y sont fragmentés et insérés dans des territoires urbanisés. Pourtant nous avons une représentation idyllique - à une forte connotation balnéaire - de ces paysages littoraux. Cette représentation s’est construite au fil du 20e siècle avec l’essor du tourisme et le marketing publicitaire tout en réduisant considérablement la grande variété des éléments de paysages à quelques archétypes : les plages sous un soleil estival, les falaises normandes vues depuis les sentiers de promenade… Dans cette imagerie, nous faisons immanquablement face à la mer, face à un avant-pays maritime, tournant ostensiblement le dos au rétro-littoral. Elle conditionne non seulement notre regard mais aussi le rapport de proximité que nous entretenons avec le rivage. L’application de la loi littoral (1985) a permis une meilleure prise en compte des paysages littoraux en offrant un cadre réglementaire aux débats locaux sur la densité urbaine admissible, la préservation des espaces remarquables et des coupures d’urbanisation. Sans faire mention à proprement parlé de paysages littoraux culturels, elle contribue à dépasser une appréciation du littorale réduite à la bande en front de mer portant « les vues sur la mer » pour l’étendre à l'ensemble du territoire communal, réintroduisant une plus grande variété de paysages dans les questionnements d’aménagement de l’espace. Le littoral est d’autre part un espace de conflit entre différentes pratiques qui contribuent à la construction des paysages culturels (allant par exemple de la décontraction insouciante du surf aux emprises conchylicoles). En réponse, la gestion intégrée des zones côtières est un processus qui a pour objectif de réunir autour d’un même projet des acteurs aux intérêts souvent divergents et qui se traduit réglementairement par un schéma de mise en valeur de la mer (SMVM). Seuls 4 SMVM sont approuvés en métropole - étang de Thau, bassin d’Arcachon, Trégor Goëlo (Côtes d’Armor), golfe du Morbihan - et 2 SCoT sont en cours d’intégration d’un chapitre individualisé valant SMVM : c’est dire la difficulté de mettre d’accord des acteurs pour aboutir à un projet commun. Cette incapacité laisse place à une diversité des représentations culturelles du littoral.

Des patrimoines maritimes

Notre littoral, zone de contact entre la mer et la terre, constitue une très riche histoire maritime, dont découle un patrimoine spécifique lié à toutes ces activités le long de la frange littorale. À l’échelle de la France métropolitaine, un rapide recensement (2007) fait apparaître 90 phares inscrits ou classés au titre des monuments historiques, 200 grands sites et maisons phares, un Musée national de la marine et 13 musées satellites, 723 navires labellisés « bateau d’intérêt patrimonial » et1 000 épaves d’intérêt.

L’expression « patrimoine culturel littoral » est une notion largement adoptée et rependue depuis la « loi littoral » en 1986. Le patrimoine culturel littoral se compose de nombreux éléments à caractère maritime tels que les phares, les fortifications, les quais, les architectures balnéaires ou encore les ex-voto et les épaves de bateaux. Il s’agit essentiellement de patrimoines maritime, balnéaire (lié au tourisme et aux loisirs), militaire et industriel.

Le patrimoine maritime
Le patrimoine maritime concerne les éléments matériels ou immatériels liés aux activités humaines développées autour de la mer : ports, bateaux, pêcheries, chapelles, ex-voto, maisons d’armateurs, phares, sémaphores, habitats de pêcheur, musées maritimes et de la pêche… Cette liste n’est pas exhaustive mais marque la pluralité de cette catégorie.

Les phares sont un élément emblématique du littoral français. Au début du 19e siècle, une politique nationale de signalisation des côtes françaises est lancée, afin de faciliter la navigation. Au début du 20e siècle, toutes les côtes ont été munies de phares. Si ces derniers ont subit des dégâts et des destructions lors de la seconde guerre mondiale, ils ont été reconstruits dans les années 1950. Aujourd’hui, l’aide à la navigation s’est modernisée par de nouveaux systèmes, laissant les phares, dans notre paysage, démunis de leur utilité. Néanmoins, ils sont devenus un élément essentiel et caractéristique de notre patrimoine littoral. Un inventaire a été réalisé entre avril 2001 et mai 2002 sur le littoral français. Il a donné lieu à leur mise en valeur, et la protection de certains au titre de Monuments historiques.

Les navires font également partie du patrimoine maritime de façon évidente. Ils peuvent faire l’objet de trois protections différentes : au titre des Monuments historiques, au titre de bateau d’intérêt patrimonial ayant reçus le label PMF ou comme bateau de conception ancienne (avant 1950). Les épaves constituent également un patrimoine considérable, notamment en termes d’archéologie. Ce sont 5200 épaves ou objets qui avaient été retrouvés en 2007, dont 1000 épaves. L’archéologie sous-marine permet aussi de mettre à jour des ports, des mouillages, ou des pêcheries. Elle apporte une connaissance sur l’architecture navale, les méthodes de construction, les échanges commerciaux, le contenu des chargements…

Ce patrimoine maritime est mis en valeur, à travers notamment les musées maritimes, que l’on peut retrouver sur l’ensemble de notre territoire. Ces structures permettent un renouveau dans la recherche. Les collections de ces musées sont très diverses, et adaptées à la région d’implantation. Elles peuvent regrouper aussi bien des bateaux anciens, des maquettes, des vestiges de chargement, que du matériel de navigation ou des plans, cartes, photographies…

Enfin, les croyances anciennes et coutumes locales ont amené à la construction de nombreuses chapelles et ex-voto marins le long des côtes.

Le patrimoine balnéaire, lié au tourisme et aux loisirs
Le tourisme balnéaire atteint la France à la fin du 18e siècle, alors qu’il est déjà pratiqué outre-manche.Les stations balnéaires sont souvent formées d’une large promenade, avec à l’arrière des espaces gazonnés ou des jardins publics. Dans ces espaces verts on peut retrouver les fameux établissements de bains. Des activités de loisirs complètent le caractère oisif des lieux avec les théâtres, casinos et autres espaces de musique. Enfin, en arrière du front de mer se trouvent des villas et hôtels. Ces constructions datant du 19e et début 20e siècle, arborent les modes architecturales de l’époque : néo-classique, art nouveau, art déco...

Le patrimoine balnéaire est étudié dans le cadre d’une thématique nationale lancée par différents acteurs, dont les services de l’inventaire. Un programme du CNRS, UMR 22 sur l’architecture de la villégiature est lancé en 1989. Dans le cadre de l’architecture des bords de mer, des études topographiques ont été menées sur 237 communes littorales, de Malo-les-Bains à Monte-Carlo. Ce travail a notamment abouti à un « ouvrage-bilan » édité aux Éditions du Patrimoine, « Architecture et urbanisme, villégiature des bords de mer », en 2010.

Le patrimoine militaire
La mer est souvent synonyme de frontière, c’est pourquoi les côtes ont dues régulièrement être fortifiées et protégées. Les ouvrages de défense côtiers constituent un pan du patrimoine culturel littoral. Ils rassemblent les forts, redoutes, batterie d’artillerie, tours, blockhaus. Les exemples sont nombreux sur les côtes françaises allant de la période médiévale, à des époques plus modernes, où l’essor des fortifications et des installations militaires s’est fait sous la tutelle de Vauban, à la fin du 17e siècle. Enfin, des installations plus contemporaines comme les blockhaus et le bunker. Les études les plus abouties sur les fortifications, ont été réalisées en Charente-Maritime et en Bretagne avec par exemple, un inventaire des fortifications du Finistère réalisée entre 2002 et 2006.
Au même titre que les musées maritimes, les musées militaires mettent en valeur cette histoire et ce patrimoine.


Le patrimoine industriel
La proximité de la mer, et les nombreuses activités qui y sont liées, amènent plusieurs industries à s’installer sur la façade Manche Est-Mer du nord. L’intérieur des terres étant l’un des plus de grands viviers de production industrielles, des ports vont se développer afin d’accueillir la matière première, prête à être manufacturée. Les installations portuaires (docks, hangars, cales, entrepôts, grues…) font partie de ce patrimoine littoral lié à l’industrie. Les ports des grandes villes comme Dunkerque, Le Havre, Cherbourg ou Rouen (en lien direct par la Seine) sont à regarder comme tel. Les manufactures même vont parfois être installées dans les villes portuaires, ainsi on trouve des manufactures de tabac, à Dieppe ou au Havre par exemple. Enfin la Navigation amène les chantiers navals à être de plus en plus performants et productifs. Ils sont parfois installés plus en retrait dans les terres, ou comme à Dunkerque dans la ville littorale même.

(Texte complet en cours de retranscription)

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