u/ Villes et territoires

Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 09:20


Differents things in différents locus...
Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 12:59


Biarritz, Pyrénées atlantiques, 22 avril

 

 

 

Les rouleaux incessants embrassant le rivage biarrot ne se font guère d’illusions… Les quelques badauds locaux venant s’enamourer pour eux ne sauraient compenser un désamour courant depuis maintenant 6 mois.

 


Par crise du logement, nous pensons aux résidences principales, construites pour être habitées à l’année. Mais pour une minorité de français, le logement se traduit également par une résidence dîte secondaire, utilisée durant quelques mois seulement. Ici, d’avril à juin, le nombre « d’usagers de la ville » passe du simple au sextuple, voire à l’octuple, la fluctuation d’occupation urbaine connaissant l’infléchissement inverse au crépuscule d’un été au rythme effréné.

 

22 avril… les vagues claquent, incessantes, dans un spectacle d’autant plus beau qu’il est agrémenté des derniers vents frais, vestiges d’un hiver passé seules sur un rivage déserté, tel un match à huis clos.

 

Biarritz, capitale française estivale, à l’image de ses homologues hivernales Chamonix ou Bourg-Saint-Maurice, cristallise les paradoxes de la ville fluctuante, courtisée l’été, méprisée le reste de l’année. D’immeubles en immeubles, un festival de volets fermés s’offre aux yeux des habitants à l’année résidant, eux, dans les quartiers excentrés de la plage, parfois dans les logements sociaux de la vallée. Si spectaculaire que les folies des ferias aoutiennes, la solitude des quelques bâtiments à l’architecture bourgeoise interroge. Tantôt ville, elle redevient village… pour quelques semaines encore. Les prix des cafés en terrasses reflamberont dès le mois de juin, signifiant aux locaux que leur saison est passée. Ainsi les volets des résidences secondaires se rouvriront comme si de rien n’était, face à la Mer.

 

 

La ville vient… puis repart, elle fluctue, elle ne meurt pas, elle vit ; mais dans le temps davantage que proposer, elle sélectionne et se met en sommeil.

 

Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /Mai /2009 08:57

Vendredi 26 décembre 2008 5 26 /12 /Déc /2008 16:53

Le chantier de la refonte des collectivités territoriales s’était ouvert à la fin de l’été sur un duel fratricide entre les départements et les régions. Exit, puisque la crise financière est arrivée et occupe désormais le terrain médiatique. Le plan de relance voulu par le gouvernement, en s’appuyant sur les préfets, ne doit pourtant pas faire oublier le rôle prépondérant des collectivités en matière d’innovation. La guerre contre la crise économique doit aussi être gagnée sur le terrain de la décentralisation.

Partout en France, la conurbation voit le rassemblement d’aires urbaines administrativement indépendantes, mais aux destinées de plus en plus imbriqués, chaque lieu n’ayant d’existence que dans un ensemble. Cette situation impose une autre manière de penser l’action locale : il faut construire des territoires économiques cohérents définis comme des systèmes d’intensions politiques en activité révélant ses potentialités au fur et à mesure de la mise en place d’actions de toutes sortes. Comme l’activité industrielle s’est réorganisée dans un passage graduel à « l’économie de la connaissance »  où la compétitivité dépend aujourd’hui d’une capacité à créer la connaissance, l’accumuler et l’utiliser plus rapidement que la concurrence, les collectivités territoriales ont l’obligation de prendre part à cette économie d’opportunité.

Les territoires ont besoin de spécialisation et seules les institutions publiques sont capables d’établir des interactions solidaires entre les entreprises industrielles pour former des stratégies communes. Notre salut passe par la consolidation de clusters régionaux : une concentration spatiale de réseaux de production, en lien avec le marché global, et fondée sur la stimulation du potentiel endogène des PME. Les collectivités territoriales ont ici un rôle à jouer pour stimuler leur tissu économique selon des axes clairement établis, accélérer les rencontres et promouvoir les compétences. 

Dans planification traditionnelle, l’économie est peu prise en compte. Pourtant les entreprises recherchent des aménités liées la plupart du temps à l’aménagement des territoires. La nouvelle organisation productive - l’externalisation des activités et un fonctionnement des entreprises en réseau - redéfinie leurs exigences à l’égard de leur espace d’accueil. L’aménagement des territoires doit donc intégrer la nécessité d’éléments logistiques externes aux entreprises, les possibilités de formation, des espaces de commercialisation et des opportunités liées à l’innovation.

En complément de la planification, émerge la notion de projet de territoire qu’incarne par exemple les SCOT. Ceux-ci suggèrent de nouvelles logiques capables d’accélérer la mutation des territoires. Les projets métropolitains se caractérisent par une approche particulière qui sélectionne les axes de développement d’importance stratégique et les soumettent à la « tentation » de l’expérimentation. Mais il faut aller plus loin encore.

Quelque soit l’acteur territorial se saisissant de la question, ce n’est qu’au prix d’une concertation sur la destinée de chaque territoire que pourront s’affirmer des ensembles économiques cohérents. L’expérience en cours de l’agence pour l’économie de l’Essonne donne par exemple un bon aperçu des méthodes à employer. A l’issu d’un benchmark de plusieurs mois, trois secteurs stratégiques ont été validés pour le département : l’ingénierie du bâtiment durable, les énergies innovantes et la lutte contre la pollution de l’air et le climat. En capitalisant les richesses de son territoire, l’agence est entrée dans une communication pertinente de ses éco-activités en participant à des salons internationaux.

En identifiant des axes de développement, en fédérant les acteurs économiques et en développant un marketing territorial, les collectivités territoriales deviendront des acteurs de la relance. Mais pour cela il faut déjà une concertation entre les échelons administratifs pour définir lequel est le plus pertinent. Cette réponse dépend surtout de notre intelligence à faire front commun.

Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /Déc /2008 08:41



Trois débats sur l’avenir de la région parisienne animent l’actualité. Ils décrivent aussi une réalité plus large. Tandis que les premiers projets de tours font leur apparition dans le paysage parisien, des éco-quartiers sont imaginés en banlieues et la mise en place du grand Paris n’en finit pas de déchirer les différents protagonistes de son développement.  Ces trois débats décrivent trois échelles traditionnelles de l’urbanisme : l’objet architectural, le quartier et l’aire urbaine. Outre l’intérêt individuel de ces sujets, ces trois questions se croisent, s’associent et s’opposent.

 

Il n’est pas anodin que ces sujets soient apparus simultanément alors que les programmes de rénovation urbaine ANRU battent leur plein. La requalification des quartiers d’habitation périphériques des années 1950 à 1970 correspondait à l’urgence d’en finir avec l’expression brutale du mouvement moderne portée en France par une poussée constructive sans précédent. Cette question du passé hâtivement close, comme l’avait été précédemment celle de la sauvegarde des quartierts anciens, restait le champ ouvert du futur de la ville. Les trois sujets – tours / éco-quartiers / grand Paris – apparaissent dans un contexte qui voit dans le monde exploser les métropoles et pour la France l’adoption d’une conscience environnementale. Ils se rattachent à des questions contemporaines plus générales ; Quel est le juste équilibre entre la liberté du marché et la nécessité de réglementer le développement urbain ? Quelles sont les priorités pour remédier l’étalement urbain ? Comment remédier aux effets du changement climatique pour les « îles de chaleur » que constituent les métropoles ? Comment tenir compte des intérêts de chacun, quelle que soit leur origine ethnique et leur classe sociale ? Quel est le niveau géographique le plus pertinent pour la planification urbaine ?

 

Avant la crise, plus de vingt projets de tours étaient annoncés à Paris et dans sa proche banlieue. Depuis que la ville de Paris à modifié son plan local d’urbanisme à grand renfort de concertation pour ouvrir la voie à la construction en hauteur à l’intérieur du périphérique, l’objet architectural du vingtième siècle fascine : ses promoteurs y voient la possibilité d’édifier des quartiers verticaux avec une maîtrise énergétique parfaite. Même le quartier de la Défense, longtemps honni comme inhumain, est aujourd’hui montré comme un modèle de mixité de fonctions. La tour, d’abord chantée pour son économie spatiale, se voit maintenant louée pour sa capacité à densifier les échanges et à accélérer la mixité (encore faudrait-il nous expliquer comment s’y prendre ?).

 

Les éco-quartiers font eu écho à la périurbanisation. Selon leurs promoteurs, et suivant les modèles développés en Allemagne et en Europe du Nord, il faut maintenant développer de nouveaux quartiers respectueux de l’environnement, donc à énergie zéro (où la consommation d’énergie équivaut localement à sa production). Mais plus encore, les éco-quartiers doivent pousser la diversité sociale et fonctionnelle en promouvant un modèle social proche des utopies des sixties. En théorie, ils suivent l’exemple des quartiers les plus en avance en la matière, en Allemagne ou ailleurs, où le choix de résidence s’accompagne d’un certain nombre d’acceptation tacite de règles de vie, comme les mobilités douces (piétonne et vélo) ou la diminution de déchets ménagers. Relayé par les promoteurs classiques, les éco-quartiers se rapprochent malheureusement plus de l’idéologie des cités jardins en densifiant les constructions. Cette réactivation d’une forme urbaine historique fait écho à son origine anglaise au début du vingtième siècle où il s’agissait de créer des villages satellitaires aux villes industrielles. Aujourd’hui, par manque de foncier, l’éco-quartier tend à s’accommoder des friches industrielles et militaires pour prospérer selon les termes de la loi SRU en refaisant la ville sur elle-même.

 

La dernière idée, celle du grand Paris, prospère actuellement plus sur les divisions pour y arriver que sur sa légitimité. Il faut dire en la matière que l’Ile-de-France possède depuis maintenant presque un demi-siècle un schéma d’aménagement cohérent qui, réactualisé de proche en proche, à permis le développement des villes nouvelles et le déploiement d’un réseau routier et de transport ferré (RER). Bassins de vie et d’emplois, et équipements structurants, tels que les aéroports et les pôles universitaires, maillent ce territoire. Mais jusqu’ici tout semblait s’arrêter aux portes du périphérique. Le syndicat mixte de Paris métropole semble vouloir effacer cette dernière frontière tandis qu’une vaste réflexion est menée par l’état sur le thème de « la métropole durable du XXIème siècle ». La planification étatique d’autant a laissé place au concert des collectivités territoriales mais avec un volontarisme accru de l’état… à en perdre son latin. Néanmoins, la constitution d’une véritable métropole parisienne semble être un mouvement inéluctable pour répondre à la compétition économique que se livrent les grandes métropoles européennes afin d’attirer les sièges sociaux et les activités à forte valeur ajoutée.

 

Maintenant si on observe les termes deux à deux : Tours et éco-quartiers, tours et grand Paris, éco-quartiers et grand-Paris. On observe là une préoccupation environnementale bien qu’on puisse penser qu’il s’agit là d’un leitmotiv savamment distillé plus que d’un socle commun. Au-delà des différences d’échelle, il semble flagrant que ces trois propositions cherchent une issue pour l’avenir urbain.

 

Les tours s’opposent naturellement aux éco-quartiers puisque ces deux formes prônent un usage radicalement différent de l’espace. Tandis que les tours partent à la conquête de la verticalité, les éco-quartiers agencent bâtiments et fonctions au sein d’un grand jardin où la circulation serait apaisée. On distingue là deux modes de vie : celui profondément urbain et moderne de tours et celui post-moderne, d’inspiration ruraliste, de ceux qui veulent dorénavant vivre différemment en ville. La localisation même de ces programmes s’exclue mutuellement. Les tours se destinent à la ville dense tandis que les éco-quartiers fleurissent dans les quartiers à la marge, en bordure de Seine si possible.

 

Les tours semblent franchir paresseusement le périphérique. L’exception du quartier de la Défense mis de côté, on s’aperçoit que le débat s’est déroulé presque totalement à Paris même si aujourd’hui quelques projets tentent leur chance à quelques jets de pierre de périphérique. Le surcoût de ce type de construction ne peut s’envisager que dans un contexte où le foncier est hors de prix. Mais que dire alors de la tour en construction sur le port de Marseille ou les « tourettes » sur la gare TGV de Lille, sinon que ce type d’édifice sert aisément d’étendards à des ambitions métropolitaines. Construire une tour consiste donc à s’affirmer. Dans le grand Paris multipolaire de demain, nul doute que ce genre de geste va se développer. En marge du projet commun, les ambitions individuelles des communes riveraines vont fatalement s’exprimer par des gestes aussi coûteux.

 

Les projets d’éco-quartiers voient le jour au rythme des projets urbains des communes riveraines de Paris et sans concertation. Si le phénomène des cités-jardins étaient liées à un aménagement concerté d’un territoire métropolitain, les éco-quartiers apparaissent comme des opportunités localisées. Le rêve collectif d’une métropole parisienne donnera-t-il naissance à une région compacte, une agglomération multicentrée ou une métropole douce fondant une nouvelle relation entre la ville et le paysage ? De cette réponse dépend la place des éco-quartiers et surtout leur légitimité. Suivant une planification des moyens de transports et un rééquilibrage des bassins de vie et de travail, les éco-quartiers pourraient prendre toute leur dimension. Sinon, il est à craindre qu’ils ne soient que des quartiers bourgeois savamment paysagés.

 

Des trois items du départ on pourrait entrevoir un monstre mutant : un grand jardin vertical qui assurerait une connexion par les réseaux de transports au reste de la métropole. Cet objet improbable aurait une double dimension, à la fois locale et métropolitaine. En oubliant ce scénario de science-fiction, constatons que ces trois questions interrogent le devenir de l’aire métropolitaine et que loin d’être séparées, elles forment un débat complexe qui traite de toute les échelles de l’aménagement à la fois, de la vie quotidienne à l’avenir commun de plusieurs millions de personnes.

 

Ce débat possède quelque chose de vivifiant. Même s’il n’use pas les envolées lyriques qui ont façonnées les orientations urbaines de la seconde moitié du vingtième siècle, il possède une pragmatique qui impose des réponses claires et durables qui vont au-delà des objets de départ et qui peut-être poseront les bases du Paris de demain.

 

JR


Chronique publiée dans la rubrique opinions du monde.fr
http://abonnes.lemonde.fr/opinions/chronique/2008/12/16/les-epreuves-de-la-metropole-parisienne_1131608_3232.html

 

Mardi 2 décembre 2008 2 02 /12 /Déc /2008 12:09


le Royal Town Planning Institute à lancer une vaste enquête sur l'avenir de l'urbanisme en Europe. Il pose 5 questions qui semblent essentielle :

 

A

Qu'est-ce que les urbanistes devraient faire pour assurer le juste équilibre entre la liberté du marché et la nécessité de réglementer le développement urbain?

 

B

À quel niveau géographique (national, régional, local ou communautaire) pensez-vous que la nécessité de renforcer la capacité de planification est la plus urgente, et pourquoi?

 

C

Comment la planification peut remédier aux effets des changements climatiques (en particulier les « îles de chaleur »), à l'approvisionnement en eau et à la hausse du niveau de la mer?

Quels sont les principaux besoins en matière d'information?

 

D

Quelles sont les priorités les plus urgentes pour remédier très rapidement l’étalement urbain?

 

E

Quelles sont les priorités pour assurer que la planification tienne compte des intérêts de chacun, quelle que soit leur origine ethnique, la classe, de la santé, la richesse ou le sexe?

 

 

Jean RICHER

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